mardi 31 janvier 2017

MES FORTUNES DE MER


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AVARIE DE GOUVERNAIL: 

Ghibli " Néarque "



En 1971, jeune chef de bord du CRNGranville, peu expérimenté, il m'est arrivé de "ramener" un Ghibli avec 4 stagiaires de Jersey à Granville.



La crapaudine ayant lâché, le safran était bloqué presque dans l'axe. Avec l'aviron et en jouant avec l'assiette latérale, nous avons effectué les 29 milles sans difficulté.


Bien entendu, c'était du grand beau temps.


AVARIE DE GOUVERNAIL: 

 MANZANITA 






Il s'agissait d'une régate d'entrainement parmi des centaines d'autres dans la baie de St Malo. Nous louvoyions par un vent modéré en montant vers la bouée d'Atterrage lorsque le bateau vire involontairement et que le barreur se retrouve avec la barre dans la main. La ferrure de barre en fonte d'alu vient de casser.

Le temps de trouver la boite à outil et d'en sortir la pince multiprise et nous abattons grand largue en direction du Grand Jardin puis du Buron...

A noter, que ce même Manzanita subira de nouveau la même avarie mais, cette fois, avec de la brise et de la mer en arrivant à Guernesey au portant.


PERTE DE SAFRAN : 
FRIOUL 38   

 Ackel (38 pieds )

Dans les années 80, lors d'une régate d'entrainement d'hiver de la baie de St Malo, nous courions sur Ackel, le proto en bois moulé des Frioul 38.

Le vent de sud ouest est assez frais, et nous envoyons le spi grand largue, bâbord amure, après la Roche aux Anglais en route vers la St Servantine.

Ce voilier a la particularité d'avoir été conçu par son architecte, Gilles Vaton, sans safran. Il a d'ailleurs couru lui même la fameuse transat de 1976 avec son seul trimmer. 

Une pelle de safran extérieure lui avait été rajouté pour le convoyage retour de Newport vers l'Europe.

Le vent était frais mais n'avait rien d'exceptionnel pour un 38 pieds marin.  Toujours est il qu'entre la Plate et Servantine, le bateau est parti au lof, sans que le barreur ne puisse le retenir. Et pour cause, la barre est douce, la pelle de safran a cassé net.

Nous rentrons au louvoyage entre les cailloux avec le seul trimmer. Il suffit de quelques minutes pour s'y habituer.

PERTE DE SAFRAN : 

EDEL CAT 35




C'était un beau week-end du mois de mai 1988. Avec quelques copains, j'avais loué un catamaran quasiment neuf, un Edel Cat 35 de l'année précédente.

Le vent de nord-ouest modéré nous imposait de tirer des bords pour se rendre à Jersey.

Alors que nous tirions un bord à 7/8 noeuds vers le nord-est au sud des Minquiers, j'ai trouvé que la barre était différente... bizarre.  Après une rapide inspection, nous constatons que le safran tribord n'est plus visible.

Nous continuons notre route au prés sans aucune difficulté.

Ce qui sera plus compliqué, ce seront les manoeuvres de port qui s'avèreront délicates du fait que l'Edel ne disposait que d'un moteur hors bord.


 DEMATAGE : 

 One tonner TAPACENBAL


Une fois la bastaque choquée, la drisse de spi larguée, tant bien que mal les équipiers avant, Loïc et Alain, récupèrent le spi et Tapacenbal se redresse. En même temps, François et Bébert affalent la grand voile dont plusieurs laizes se décousent et renvoyons un foc 2. C’est alors que nous nous apercevons que le pont en contreplaqué est arraché sur 50 cm2 à bâbord et 30 cm2 à tribord au niveau des poulies de barber-haulers ! Au niveau de la bastaque bâbord, le pont est aussi arraché.

Nous continuons notre route plein vent arrière, sous foc seul, juste devant la flotte encore en course sous génois ou foc tangonné et, surprise, avec notre petite voile d’avant, équipage décontracté, notre carène planante va aussi vite qu’eux !

Toujours vent arrière vers les Forts, nous croisons la flotte des classe 1 de retour au louvoyage. Condor, Gauloises 3, sous 3 ris et foc nous croisent. Bien calé dans le balcon arrière, avec mon appareil photo, malgré la visibilité réduite et la pluie,  je mitraille les voiliers qui passent à proximité. Curieusement, nous sommes toujours en tête de notre classe !


Un admiraler, Casse tête V (photo de gauche ) passe juste devant nous bâbord amure et vire immédiatement. Je le photographie.

Alors que son équipage reborde son foc, il prend sa gite et, dans une rafale, sa tête de mat se glisse entre notre pataras et notre mat ! Je prends la photo alors que nous nous couchons et que notre mat se plie à hauteur de la première barre de flèche. Il ne nous reste plus qu’à continuer notre route vers Gosport, sous le vent à quelques milles.







 DEMATAGE 

RUSH  "Le Généraliste"




Un Rush qui avait couru la course du Figaro avait été prêté à un copain, Yvon, en échange d'une remise en état. 

Avant de régater, nous vérifions le gréement et le mettons à l'eau. A peine mâté, nous faisons une première sortie d'entrainement en fin d'après-midi par mer plate et force 2.   

A peine avions nous abattu après la bouée du Crapaud des Beys que le mat se plie doucement.

Nous avions probalement serré insuffisamment la vis de blocage du hauban.



 DEMATAGE 

MALLARD 9 m




La régate des Zèbres est une régate populaire de  St Malo depuis les années 85. Tout ce qui navigue dans la région l'a courue une année ou l'autre, les meilleurs skippers de la région aussi.

Le départ de cette régate a lieu devant Plouër sur la Rance. Cette année là, comme souvent parfois, le vent de nord-ouest était fort, force 7 en mer.

Mais jusqu'au Pont St Hubert, bien abrité par la rive ouest encaissée, les voiliers étaient plus ou moins encalminés.

On savait aussi qu'entre les ponts, on subirait des claques venant d'on ne sait où avant de retrouver le vent synoptique.  La minorité de régatiers qui couraient pour gagner avaient toilés leur voilier de manière à louvoyer dans le paquet de tête sous les ponts. Sur notre Mallard 9 m, nous étions de ceux là, en sachant parfaitement qu'il nous faudrait réduire un mille plus loin dans la plaine de Garo.

Comme nous l'espérions, une dizaine de régatiers, se sont immédiatement détachés alors que le gros de la flotte louvoyait difficilement derrière nous dans la rivière étroite.

Très bien placés et surtoilés, comme prévu, nous prenons le vent de nord-ouest établi à la sortie, lorsque la Rance s'élargit.

Alors que totalement couchés, nous prenons deux ris, le bateau se redresse. Le calme revient, nos concurrents nous rattrapent, cap vers l'extrémité du mont Garo... Le mat est cassé à la hauteur des barres de flèche.

Rentrer à Plouër au moteur, de surcroit vent arrière, est un jeu d'enfant...

ENFOURNEMENT :

FIRST 35 Berret


An image from the Beken Archive


SANCIR SUR UN FIRST 35




Dans les années 80, j'ai accompagné un copain, Didier, professionnel qui effectuait chaque semaine des stages d'école de croisière sur son First 35 entre St Malo et l'Angleterre.

Par une bonne brise d'ouest, après avoir quitté le Trieux, nous envoyons le spi au portant.

Cela déboule gentiment par un vent force 4 peut être 5 en s'éloignant du Ferlas.

Nous passons plein vent arrière, sur la panne et je m'amuse à la barre.  Du fait du courant, on aperçoit bien les limites des hauts fonds  du banc de la Cormorandière  .

L'équipage est dans le cockpit, le bateau déboule facilement , sans doute à 8/9 noeuds, peut être plus dans les surfs. Je contrôle facilement un petit roulis rythmique, il est plaisant de barrer.  Sur le banc de sable, le clapot devient plus court.

Soudain, à la fin d'un surf, la ferrure d'étrave affleure l'eau d'une manière inhabituelle, un peu comme le One tonner "Police car" dans le Solent en 1979. J'en suis surpris.


Sur la vague suivante, de nouveau, nous partons en surf, mais cette fois la ferrure d'étrave est submergée. Et cela continue. 

L'étrave plonge et l'eau recouvre le capot alors que le bateau se freine, puis se bloque. Dans le cockpit les 5 équipiers glissent sur les bancs calés par la cloison du roof.

A la barre, je ne sens plus rien alors que le bateau se couche violemment du bon coté, sur bâbord. Heureusement! Finalement, cela ne correspond qu'à un sévère départ au lof. Complètement arrétés, le spi bat violemment, nous choquons un peu d'écoute de spi, beaucoup plus de tangon et reprenons de la vitesse, ce qui me permet d'abattre et de reprendre le cap vers St Malo.

Nous estimons avoir piqué du nez à 45 / 60 ° vers l'avant; certains équipiers prétendent avoir vu l'eau venir jusqu'au mat.

Finalement, cela restera comme une péripétie, sûrement causée par la forme particulière des vagues courtes sur le haut fond, amplifié par la carène volumineuse à l'arrière du First 35 dessiné par Berret.






Police Car dans le Solent - 1979






AVARIES DE STRUCTURE : 

Speed 9.44.


PERTE DE L'HELICE: 

Ovni 40  





MES  5 TALONNAGES: 



Certains de mes amis ont beau dire que je tutoie tous les cailloux par leur petit nom, il m’est arrivé par quatre fois de talonner l’un d’entre eux. Certains d’entre vous trouveront que c’est beaucoup, pour moi, cela ne fait qu’une fois tous les 10 ans !


Retenez que seuls les navigateurs qui restent au port ne talonnent pas ! Normalement aussi, les méditerranéens. En effet, ce n’est pas facile quand, entre Monaco et Collioure, il y a moins de bouées et tourelles que dans les seules baies de Morlaix ou de St Malo …

- Silver Shamrock









« Sur le Silver Shamrok « Diablesse », nous avons talonné lors de l’arrivée d’une course entre St Malo et Granville juste après avoir franchi la ligne d’arrivée !
Cette ligne avait été malencontreusement positionnée à proximité de la pointe du Roc pour faciliter le travail des pointeurs du Yacht Club de Granville.
Malheureusement, ils n’avaient pas prévu que nous arriverions sous spi à l’heure de la marée basse. Et à Granville, avec un coefficient de 117, il n’y a pas beaucoup d’eau !

- Ackel 38





Sur « Ackel », un 38 pieds, en 1983, je connaissais parfaitement l’existence des Pourceaux, ces haut-fonds proches de Dinard. Il s’agit d’une négligence liée au fait que sur un 38 pieds en régate, il n’est pas simple d’être à la fois, barreur, skipper, navigateur, tacticien et bosco.






-Sigma 38

Lors du National Sigma championship de 2003 à Dinard, j’ai été « shangaïé » par l’ équipage anglais du Sigma 38 « Festina Lente « intéressé par mes connaissances des cailloux de la baie de St Malo. Lors du dernier bord de la dernière manche à moins d’un mille de la ligne d’arrivée, nous étions 3ième. Au louvoyage, à proximité de la tourelle des Petits Pointus, nos concurrents directs n’ont pas osé l’approcher et ont tiré un bord.
Flairant la possibilité de les devancer, j’ai proposé au skipper, Philip, de « shunter » la tourelle, sachant, qu’il y avait un passage de 10 m entre deux cailloux. En bon régatier, il a accepté. 20 secondes plus tard, à 6.5 noeuds, nous avons percuté violemment le rocher le plus à l’est, puis continué notre route. Grâce à cela, nous avons gagné le National anglais et sommes restons bons amis. Le Sigma 38 est solide et n’a eu qu’un « souvenir » dans son lest en plomb.

-Bavaria 38




Aux Minquiers en 2008, sur un Bavaria 38, je le cite pour l’anecdote, et au ralenti, nous avons touché à l’approche de la Maitresse ile à 1° de l’alignement vers le Rocher blanc dont une perche était absente. Ce qui correspond surement à la déviation du compas. »


- Sun Odyssey 40 : Karibario








Proverbe chausiais : 
"CEUX QUI PRETENDENT N'AVOIR JAMAIS TOUCHE UNE" GRUNE " SONT DES MENTEURS"



Par petit temps, sous spi, vent arrière, à 4.5 noeuds, nous rasons les "cailles" du nord de Chausey Ronde l'ouest, Petite Entrée, la Saulnière..) Tout cela, afin de bénéficier d'un courant favorable mais surtout pour empêcher notre adversaire principal, le Class 10 "Les Rapetous" situé à une longueur de notre tableau arrière de nous " prendre "notre vent. En effet, nous sommes plein vent arrière et même parfois sur la panne. Depuis la grande Entrée, nous avons rattrapé l'A 31 qui n'a pas osé "jouer" avec les roches.



Soudain, un choc, plus surprenant que violent. Debout au pied de la descente, je venais d'indiquer au barreur qu'il pouvait maintenant  faire une route directe vers l'Etat, la prochaine tourelle. je me précipite alors vers la table à carte et un deuxième choc survient, plus violent, au point que l'écran de l'ordinateur se couche à l'horizontal ! Dans le cockpit, Yvan est projeté contre le roof.








Interloqué, sur Maxsea, je constate que notre point nous indique que LES CAILLOUX SONT PASSES, derrière nous. Mais un troisième choc se produit, le bateau se couche vers tribord alors qu'il empanne. Jan ordonne l'affalage du spi alors que 2 ou 3 autres petits talonnages se succèdent. Avec Claire au piano,  Eric et Damien étouffent le spi sur la plage avant.



Apparemment, nous avons retrouvé de l'eau. Nous renvoyons immédiatement le spi et reprenons notre route vers l'arrivée.



Pour la petite histoire, en temps compensé, nous devancerons les adversaires qui étaient à nos cotés.

Dès le lendemain, nous "sortons" le bateau (Sun Odyssey 40 )  au sec. Peu de dégats, quelques éclats d'enduit sur le bulb, le safran légèrement en "choux-fleur" . La liaison coque/pont est intacte.

Et dire qu'il y en a toujours qui prétendent que Jeanneau ne construit pas des voiliers solides !












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