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« A force de contempler la
mer,
on fini par la prendre »
Il n'est pas de vent favorable
pour qui ne connaît pas son port.
Sénèque
En mer, le plus grand danger,
c'est la terre.
Petite pluie abat grand vent.
Suroit le doux, noroit le fou.
Plus l'amer est haut, plus la mer est basse.
Si tu veux beau temps, navigue
souvent.
Qui pisse au vent, mouille son
caban.
Une mer calme n'a jamais fait un
bon marin.
Méfie toi d'une poulie qui crie et d'une femme qui se tait. Toutes deux
préparent un mauvais coup.
Almanach du marin Breton
Celui qui attend que tout danger soit écarté pour
mettre les voiles, ne prendra jamais la mer.
Thomas
Fuller
Naviguer est
une activité qui ne convient pas aux imposteurs. En bateau, on sait ou on ne
sait pas.
Eric Tabarly
Daniel Bonnefoy 2008
« La navigation, c’est
simple, il suffit d’anticiper »
La navigation consiste à effectuer des élucubrations réalistes à
partir d'observations des plus subjectives, très partisanes et impérativement
orientées, dont la perspicacité ne peut être démontrée qu'à postériori à la
suite d'un enchainement de circonstances sans rapport avec la situation
d'origine qui a permis de les établir.
Naviguer, c'est être très précis dans l'enchaînement aléatoire des
approximations successives qui constitue l'aventure de la navigation.
Naviguer, c'est sans cesse se remettre en question.
Naviguer, c'est brosser dans le sens du poil, voire le nez au vent, le regard
perdu vers le large ; la mer, les vagues, la houle, les courants, les
marées, le ciel, les nuages, la côte, les fonds, le sable et les cailloux, le
soleil, la lune, les étoiles, le froid, l'humide, le chaud, l'eau, l'air, son
bateau et celui des autres, l'équipage, le cuisinier, le cambusier.
Naviguer, c'est tout prévoir même l'imprévu! Y compris l'heure d'arrivée au port et
l'accostage en évitant de justesse la catastrophe. C’est ce qui vous permettra
de réaliser LA belle manœuvre.
« PUISQU'ON NE PEUT CHANGER LA DIRECTION DU VENT, IL
FAUT APPRENDRE A ORIENTER LES VOILES »
Ne
jamais décider à l’avance de son lieu de destination. La météo en décide et
notre « jeu » consiste à l’anticiper.
Par exemple, sur une navigation de 3 jours à partir de St Quay-Portrieux, si le
vent doit passer sud le 3ième jour, il n’est pas question de « monter « à
Guernesey. S’il doit tourner sud-ouest, évitez Jersey et privilégiez St Malo.
Deuxième exemple : Alors que le mois d’aout s’annonce incertain, et cela arrive
parfois, pourquoi décider que l’on part en croisière en Espagne alors que le
vent oscille entre l’ouest et le sud-ouest. En Irlande, il fait moins chaud,
mais on est presque sur de revenir sans faire de près. Notez toutefois le
presque.
Daniel Bonnefoy 2008
« deux fois la route,
trois fois le temps,
quatre fois la peine»
Même avec un excellent voilier, fuir le près. On en fera toujours assez.
Gardons à l’esprit l’adage « deux fois la route, quatre fois la
peine ». C’est aussi le meilleur moyen d’éviter que madame
reste à la maison.
HISTOIRE COQUINE :
"Le vin fait du bien aux hommes quand ce sont les femmes qui le boivent"
" LE VIN FAIT DU BIEN AUX HOMMES
QUAND CE SONT LES FEMMES QUI LE BOIVENT "
Durant le courant du mois d'août 1974, à la fin de notre saison du R.O.R.C. courue sur le BES "Radial", lors d'une escale à La Trinité, nous avions "sympathisé" avec les équipières de la seconde course féminine du GAN.
Leurs voiliers: Impensable, Super Arlequin, Tarentelle, Armagnac... étaient des Classe V, tout comme notre half-tonner. Aussi, nous avons couru la première étape de La Trinité à Sauzon en parallèle.
Un dîner était prévu à terre ou nous avons été invités par toutes nos nouvelles amies. Pensez donc, 5 hommes pour 80 femmes!
Soirée sympathique et bien arrosée pour certaines.
Vint le moment de rentrer à bord des voiliers mouillés devant la jetée, à l'extérieur du port.
Le vent n'était pas fort, sans doute 15 à 18 nœuds de nord-est. Mais cela devient sportif et humide quand il faut retourner à bord sur de petites annexes, à la pagaie, dans le noir, sur une dizaine de voiliers au mouillage, non éclairés, avec des équipières éméchées.
Fort de mes années de canoë, je me suis auto proclamé chef de l'annexe. Après deux voyages sportifs et humides, les dernières équipières transportées m'invitent à leur bord pour un dernier verre. Je ne pouvais décemment pas refuser.
Minuit étant passé, bien à l'abri dans le carré de " l'Audacieuse Tarentelle", il n'était pas humain de repartir à la recherche de mon bord. Qu'à cela ne tienne, unanimes, les cinq équipières m'imposent de rester à leur bord. Je partagerais le poste avant. Un peu serré entre Catherine et Sylvie, le petit bisou du soir se transforme vite en un baiser langoureux avec la chef de personnel.
L'infirmière, sur ma droite, n'entend pas rester sur la touche, se penche sur mon cas et prend la chose en bouche. Tétanisé, coincé, craignant pour mon intégrité physique, incapable du moindre mouvement, je laisse passer l'orage...
Evidemment, il se trouvera toujours un mauvais esprit qui considèrera que j'étais un homme "facile"..."
« La seule chose dont on
pouvait être certain en mer, c'est que rien n'y était jamais certain »
Toujours naviguer comme si l’on ne possédait pas de GPS. C’est le
meilleur moyen de garder ses sens en éveil et de garder des automatismes
primordiaux dans le cas d’une navigation dans des conditions inhabituellement
difficiles.
De temps à autre, amusez vous à naviguer à l’ancienne avec
une bonne vieille règle et des cartes. Cela occupe.
« Remonte au vent quand tu peux,
descends quand tu dois«
Sur un bon voilier, il n’est pas toujours désagréable de faire du près,
aussi, pourquoi s’en priver quand les conditions sont favorables ?
Celles-ci sont tellement rares qu’il faut savoir en profiter.
Et puis quelques heures de près
par 15 noeuds de vent, soleil et mer plate sont souvent plaisantes.
Exemple : Si par un grand beau
temps anticyclonique, à partir de Guernesey, un bord de près de 20 milles est
possible vers Aurigny, ou un louvoyage vers Serck, pourquoi s’en
priver ?
Les conditions favorables pour s’y rendre ne sont pas si fréquentes.
Vent contre courant,
t'en prends
plein les dents.
Voilà bien une citation inconnue de nos amis Méditerranéens. Pourtant, la première
fois où j’ai traversé le Golfe de St Tropez en planche à voile, un autochtone
est venu me mettre en garde en m’alertant sur le fameux courant du Golfe !
Daniel Bonnefoy 2008
"une chose à chaque
place, chaque place a sa chose.''
A respecter impérativement pour trouver facilement ce dont on aura besoin quand
ça « chauffera ».
« En octobre 1975, sur le Swan 38 DELNIC,
premier voilier de L.Rousselin, jeune navigateur débutant de 65 ans dont la
bible était la prose du Commandant de Kerviler, au large de La Corogne, nous avons subi un coup de vent de sud qui
nous a obligé à mettre à la cape durant près de trois jours ! Durant ces
trois longues journées et nuits, les changements de quarts s’effectuaient à la
seconde près. Cela donnait précisément : « mon jeune ami, dans 12 secondes cela va
être votre tour… » Nous avions
chacun notre verre numéroté et il était hors de question de laisser trainer un
ciré ou un livre. Je dois reconnaître qu’une fois descendu dans le carré nous oublions
facilement la mer démontée et les 43 nœuds qui soufflaient… »
Cela
peut être aussi: « Au petit matin,
je retrouve mes lunettes dans les fonds. Je peux de nouveau lire mon GPS
qui m’indique : 49°25N 4°29W. »
Mais,
plus souvent, l’important sera de savoir ou se trouve la boite d’allumette, la
paire de chaussette chaude ou la lampe torche durant le quart de nuit.
« Si tu doutes de ta position, vérifie.
Si tu es sûr de ta position,
vérifie aussi. »
Toujours douter. Ne pestez pas contre le GPS qui donne des positions erronées,
vérifiez plutôt les way-points que vous y avez rentrés…
« Lors du départ
d’une course entre Granville et Jersey, nous étions, sur le Sun Fast
36 FIDJI, dans le groupe de tête. Toutefois, nous étions les seuls à faire une route vers la Basse le Marié, 20° plus à
l’est que nos concurrents. Notre navigateur nous rassurait en nous affirmant : »
nous sommes sur la route », ce sont les autres qui se trompent… ».
Tout cela, bien que nous devinions à l’horizon les hauteurs de Jersey sur
bâbord !
Devant notre insistance,
il consentit à vérifier les positions des way-points programmés. Evidemment,
l’un d’entre eux était erroné. »
Daniel Bonnefoy 2008
« Toute séquence menant à un
accident
commence par tout va bien »
En arrivant à quai ou à couple d’un autre voilier,
ne débordez jamais à la main sur les filières du voisin. Fier derrière sa barre
à roue, le capitaine, avec ou sans casquette, DOIT s’arrêter au centimètre prés
pour vous permettre de descendre en douceur passer les amarres.
« N'importe quel imbécile
est capable de garder tout dessus »
Quand
le suroît fraichît, il est inutile d’attendre que la nuit soit tombée pour
prendre un ris ou enrouler le génois. Il est toujours plus difficile de manoeuvrer
avec 30 nœuds de vent qu’avec 23. De plus, le bateau va moins vite et le
matériel souffre.
« La connerie à laquelle tu penses est déjà faite,
celle à laquelle tu ne penses pas encore se prépare. »
De même, en
arrivant sur un « chemin de chat » que certains s’obstinent à appeler
catway, il est inutile de sauter
acrobatiquement sur les 30 cm
glissants en teck ; ce n’est plus de votre âge. Et avec les voiliers
modernes il est tellement facile de se « garer ».
Le barreur DOIT
donc s’arrêter précisément à l’endroit idoine. Si la manœuvre est médiocre,
c’est de sa faute et non, celle de son équipière préférée.
« Tout le monde est bon capitaine
par beau temps »
Quelle que soit son expérience, une qualité indispensable à un bon marin est
l'humilité. Sa plus grande incompétence provient de son orgueil et de sa
fierté.
C’est d’ailleurs exclusivement
pour flatter l’ego des capitaines que les chantiers « marketing »
équipent maintenant tous les voiliers d’une barre à roue et d’une console
équipée de toute l’électronique devant le barreur.
Daniel Bonnefoy 2008
« Port : Endroit où
les bateaux sont à l'abri des tempêtes et exposés à la furie des
douanes. »
Ambrose Bierce - Extrait de Le
dictionnaire du Diable
Tout le monde écrit des bêtises et
c’est bien la preuve que cet écrivain ne connaît rien aux choses de la mer. En
effet, les douaniers ont la fâcheuse habitude de préférer les contrôles en mer.
Sans doute pour percevoir les primes de navigation qui vont avec…
Exemple : Ce jour
glacial de janvier 2000, je partais avec deux amis pour un périple de trois semaines en voilier qui nous menait de St Malo en Corse. Après une longue
période de mauvais temps, la
Bretagne bénéficiait enfin d’un bel anticyclone. Par un vent
froid de nord-est, nous sommes partis à 15h depuis le ponton visiteur du port
des Bas-Sablons. La famille, les amis étaient là. En tout, une quinzaine de
personnes qui ne passaient pas inaperçues
dans un port désert. Notre bateau était stationné exactement en face de
la vedette des Douanes ou ses occupants s’affairaient.
Une heure
plus tard, entre Banchenou et le Cap Fréhel, cette même vedette est venue à
notre hauteur nous demander de mettre en panne pour un contrôle. Mise à l’eau
de leur zodiac, venue à bord, contrôle des papiers du bateau exclusivement. Le
douanier a passé 5 minutes à notre bord avant de regagner le sien. Puis la vedette
s’en est retournée vers St Malo… Une grande journée de travail ! Sur le
livre de bord est sans doute mentionné, « Contrôle voilier de
plaisance », ce qui justifie une
sortie par une belle journée ensoleillée d’hiver et la prime qui va avec….
Quelques heures
plus tard, le courant étant contraire
devant les Héaux de Bréhat, je décide donc d’une escale courte de quelques
heures dans le Ferlas devant Bréhat. A 0 h 45, alors que nous venions de
mouiller, quelques coups résonnent sur la coque… Surprenant dans ce lieu. Il
s’agissait des occupants de la vedette des douanes voisine pour un nouveau
contrôle...
Daniel Bonnefoy 2008
HISTOIRE COQUINE :
" Petit coup du matin réjouit le marin."
" PETIT COUP DU MATIN RÉJOUIT LE MARIN "
En 1974, sur un Mikado ( 17 m ) parti de Cowes dans la soirée en direction du Havre, la brise est forte, de force 6 à 7 de sud-ouest, la mer formée. Sous grand voile à deux ris et trinquette, sous toilé, ce confortable voilier roule beaucoup.
Passé l'euphorie des premières heures, durant la nuit, les équipiers et équipières, jeunes, se relaient sur les lits double des trois cabines à tour de rôle.
" Impossible de dormir dans ce foutu bateau! A deux sur ce lit, la seule position acceptable est couché en chien de fusil, sur le coté droit. Ma copine Martine en a marre et préfère retourner sur le pont... Dans un demi-sommeil, je sens que quelqu'un la remplace à mes cotés. Et la sarabande continue. A peine, croit-on s'endormir qu'un coup de roulis plus violent oblige à se cramponner.
En plus, il fait chaud, et cela manque d'air. Je m'endors sans doute quelques minutes. Ma voisine, dans la même position est contre moi. Tellement contre que j'ai maintenant l'impression qu'il s'agit d'un mâle. Sans doute Daniel ou Eric, peut être.
L'idée m'émoustille. Nos corps, imbriqués l'un dans l'autre roulent au rythme imposé par les vagues. Imperceptiblement, je ne fais rien qui m'écarte de ce corps. Au contraire. Mes fesses, si proches de son sexe, m'échauffent l'imagination. Et pas qu'elle. Je me surprend à me serrer contre lui. Je n'ai plus du tout envie de dormir. Dort-il déjà? Cela m'étonnerait. Pourquoi n'ose t-il pas? J'aimerais tant qu'il me serre dans ses bras, qu'il m'embrasse...
Soudain, l'une de ses mains se pose négligemment sur ma cuisse puis s'aventure un peu plus haut ... Enfin !
Je simule le sommeil jusqu'à ce que cette main s'infiltre sous mon soutien gorge et caresse doucement mon sein gauche, seul accessible. Loin de la repousser, je l'encourage en me serrant contre son sexe que je sens maintenant nettement. J'adore. "
Est-il besoin de le préciser, il s'agissait " d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre ". De nos jours, des faits aussi délictueux sont passibles d'une condamnation pour viol.
« Celui qui marche droit
trouve toujours la route assez
large »
Si, avant de quitter le port ou le mouillage, vous
avez visualisé, sur une carte papier de préférence, les distances, les rochers,
les hauts-fonds et les amers remarquables, il vous sera d’autant plus facile de
faire route, même si les conditions deviennent mauvaises.
« Après avoir pris trois ris à l'abri du port de St Hélier,
nous sommes sortis alors qu'un grain approchait. Nous l'avons subi à hauteur de
Dog Ness et, sous 3 ris et moteur, notre Sun Légende avait bien du mal à progresser à 2 noeuds.
La grêle, à l’horizontale, nous cinglait le dos. La visibilité
était de l'ordre de 50 m,
le vent, dans les rafales, montait jusqu’ à 52 nœuds réels pour se stabiliser
autour de 45. Après avoir paré les proches dangers, le vent ayant molli à 40 noeuds, nous avons déroulé
quelques m2 de génois et abattu au cap 150/160 vers la bouée Nord-est
Minquiers à environ 80 ° du vent. La mer était forte, avec des creux de 3 à 4 m, parfois plus. Le vent moyen s'est stabilisé
à 35/40 noeuds avec deux grains à 48 noeuds.
A 16 h 00, nous sommes « tombés » sur les Caux, la bouée Nord-est des Minquiers alors que le vent n'était plus que de 30 noeuds.
Lors de l'embellie, après un nouveau grain de grêle violent, nous
nous sommes retrouvés à 1/4 de mille dans l'ouest des Ardentes. Il devenait
évident que nous ne pouvions atteindre St Malo. J'ai donc mis le cap sur la Grande Entrée de
Chausey puis, devant l'imminence d'un nouveau nuage menaçant, j'ai préféré
contourner l'archipel par le Nord. Ce qui fût judicieux ! «
Etant le seul barreur capable de
barrer dans ces conditions, et ne disposant pas d’instruments de positionnement
ni, bien sur, de pilote automatique, il
valait mieux que la navigation soit préparée… N’oublions pas que, il y a
quelques décennies, les guides de navigation déconseillaient formellement à la
navigation de plaisance dans ce passage de la Déroute…
Daniel Bonnefoy 2008
« Celui qui attend que tout danger
soit écarté pour mettre les voiles, ne prendra jamais la mer. »
C’est sans doute ce que souhaitent les prévisionnistes de la météo
française qui multiplient les avis de force 5 avec rafales à force 8 et même
9 ! On ne pourra plus leur reprocher de n’avoir pas su prévoir…
Mais
on sait aussi que :
» Qui trop écoute la météo passe sa vie au
bistrot… »
« Le
pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste
ajuste ses voiles. »
William Arthur Ward
« Parmi les plus grands traîtres de
l'histoire, on pourrait mentionner la
météo. »
« La météorologie, c’est
l'art de prévoir ce qui change tout le temps… »
« Quand les mouettes ont pied,
il est temps de virer. »
A dire vrai, en course, l’on a beau apercevoir les
crabes sous la quille, il arrive que l’on joue avec le contre-courant et la
plage pour gagner les 0.50 m qui nous permettront d’infliger un tribord aux
collègues…
A ce jeu, il
arrive que « ça le fait pas ». En général, on choisit des fonds de
sable…
« Lors de la course de
l’Edhec 1978, sur le Kelt 8m « Tchaïka », dans l’étroit
contre-courant bi-quotidien qui sévit sur les 400 m, situés le long du
Green, entre le Royal Yacht Squadron et
la pointe Egypt à Cowes.
Comme des centaines d’autres voiliers à cet endroit depuis
un siècle, nous nous
sommes » plantés ». A dix mètres de la promenade et du Green, la pente
de la grève est raide. C’est ce qui a permis à trois équipiers descendu dans
l’eau de soulever et pousser l’arrière du bateau. »
« Femme de marin,
femme de
chagrin »
Ancienne équipière qui a décidé d’arrêter de
naviguer et de se faire eng…parce que son capitaine de mari était incapable
de « s’arrêter précisément à
l’endroit idoine » lors de l’arrivée au ponton.
Daniel Bonnefoy 2008
« C'est
à marée basse que les rochers sont les plus hauts. «
ou
« les seuls qui n’ont jamais tapé unE GRUNE
sont les
menteurs»
« variante chausiaise
Certains de mes amis ont beau dire que je tutoie
tous les cailloux par leur petit nom, il m’est arrivé par quatre fois de
talonner l’un d’entre eux. Certains d’entre vous trouveront que c’est beaucoup,
pour moi, cela ne fait qu’une fois tous les 10 ans !
Il semblerait
que le maître en la matière s’appelait Eric Tabarly. Mais il a navigué 1000 fois plus que vous. !
« Sur le Silver
Shamrok « Diablesse », nous avons talonné lors de l’arrivée d’une
course entre St Malo et Granville juste après avoir franchi la ligne
d’arrivée !
Cette ligne avait été
malencontreusement positionnée à proximité de la pointe du Roc pour faciliter le
travail des pointeurs du Yacht Club de Granville.
Malheureusement, ils
n’avaient pas prévu que nous arriverions sous spi à l’heure de la marée basse.
Et à Granville, avec un coefficient de 117, il n’y a pas beaucoup d’eau !
Sur « Ackel », un
38 pieds,
en 1983, je connaissais parfaitement l’existence de ces haut-fonds proches de
Dinard. Il s’agit d’une négligence liée au fait que sur un 38 pieds en régate, il
n’est pas simple d’être à la fois, barreur, skipper, navigateur, tacticien et
bosco.
Lors du National Sigma
championship de 2003 à Dinard, j’ai été
« shangaïé » par l’ équipage anglais du Sigma 38 « Festina Lente « intéressé
par mes connaissances des cailloux de la baie de St Malo. Lors du dernier bord
de la dernière manche à moins d’un mille de la ligne d’arrivée, nous étions
3ième. Au louvoyage, à proximité de la tourelle des Petits Pointus, nos concurrents directs n’ont pas osé l’approcher
et ont tiré un bord.
Flairant la possibilité de
les devancer, et de gagner le classement général, j’ai proposé au skipper,
Philip, de « shunter » la tourelle, sachant, qu’il y avait un passage
de 10 m entre
deux cailloux. En bon régatier, il a accepté. 20 secondes plus tard, à 6.5
noeuds, nous avons percuté violemment le rocher le plus à l’est, puis continué
notre route. Toutefois, grâce à cela, nous avons gagné le National anglais et
sommes restons bons amis. Le Sigma 38 est solide et n’a eu qu’un
« souvenir » dans son lest en plomb.
Aux Minquiers en 2008, sur
un Bavaria 38, je le cite pour l’anecdote, et au ralenti, nous avons touché
à l’approche de la Maitresse ile à 1° de
l’alignement vers le Rocher blanc dont
une perche était absente. Ce qui correspond surement à la déviation du compas. »
Retenez
que seuls les navigateurs qui restent au port ne talonnent pas ! Normalement
aussi, les méditerranéens. En effet, ce n’est pas facile quand, entre Monaco et
Collioure, il y a moins de bouées et tourelles que dans les seules baies de
Morlaix ou de St Malo …
Daniel Bonnefoy 2008
Cela, je l'avais écrit en 2008.
Car en 2018, j'ai talonné sur les roches à Pi Pi au nord de Chausey, sous spi plein vent arrière par beau temps avec 10 noeuds de vent. Cela a été violent. Et surprenant pour le navigateur que je suis. En effet, le nez devant l'écran de mon ordinateur, je voyais que notre trace s'éloignait des roches toutes proches Mais notre Sun Odyssée 40 est robuste et, aprés avoir talonné 4 à 5 fois, seul le safran a été légèrement endommagé.
Cela reste donc pour moi, un talonnage tous les 10 ans.
"MOINS TU VAS VITE,
MOINS TU TAPE FORT "
Il arrive que notre esprit aventureux nous entraîne à emmener nos
quilles dans des endroits peu fréquentables. N’en déplaise aux partisans du
tout électronique, dans ces circonstances, mieux vaut avoir sous les yeux une
bonne vieille carte de détail qu’un moderne GPS traceur. Un alignement
clairement identifié est toujours plus précis qu’une position GPS !
Malgré tout,
une bonne carte peut rendre service :
«
Connaissant peu la
Méditerranée, en 1986, j’ai accepté de skipper un Sun Légende
loué par deux couples de parfaits citadins, ignares des choses de la mer. L’un
d’entre eux, riche ferrailleur de Gennevilliers était plutôt sympathique ;
l’autre, agent immobilier, d’origine
pied noir, réunissait toutes les « qualités » qu’on leur prête au
cinéma. Leur objectif unique était d’être le soir dans un port disposant d'un
casino. Ils partaient chaque soir avec de la « fraiche », 8000 francs
( 1200
euros ) chacun.
Dans
les calanques de Cassis, l’un d’eux se mit en tête d’aller manger le soir, la
meilleure bouillabaisse de Marseille, disait-il, dans le petit port des Goudes.
J’objectais
que la carte indiquait une profondeur de 2 m, soit le tirant d’eau du bateau et refusait
donc d’y rentrer. Ce qui mit mon pied noir dans une fureur difficilement
descriptible, si ce n'est par De Funès!
Sous la menace, et à l’extrême ralenti, je
consenti à avancer en touchant le fond de temps à autre. Ce restaurant était
effectivement une excellente adresse, celui ou Mireille Darc et A.Delon
déjeunent dans le film « Le deuxième souffle », me semble
t-il... »
« La mer est aussi profonde
dans le calme que dans la tempête. »
- John Donne -Extrait de Sermons
Par belle brise ou gros temps, mieux vaut éviter les zones de
hauts fonds…
«
Entre le raz Blanchard et Guernesey, le banc de la Schôle se trouve juste sur
la route directe. La mer y déferle sérieusement dès que la brise se lève. Si en
plus, le courant s’en mêle, cela devient
une zone dangereuse. Il en est de même à quelques milles au nord, dans le sud
d’Aurigny.
Aujourd’hui,
il est facile d’éviter ces zones de remous grâce à nos GPS traceurs… Pourquoi
s’en priver ? »
« plus tu vas lentement,
moins tu es
manoeuvrant »
Dans les ports, nos amis anglais qui, en général, savent ce que
naviguer veut dire, n’hésitent pas à
naviguer à 5 nœuds ce qui leur permet de rester manoeuvrant.
En général, le
français est hésitant et dépasse rarement 2 nœuds. Curieusement, je n’ai jamais
noté d’incidents en Angleterre, contrairement à la France, ou les mises en
travers où les marches arrière en catastrophe sont devenues habituelles. A vous
de choisir…
«
A Cowes, la Mecque
du yachting depuis le siècle dernier, un jour de départ de course, il est
époustouflant de voir les voiliers sortir de la marina perpendiculaire au
chenal où un courant de 3 nœuds est fréquent entre les ferries rapides, les
hovercrafts, les caboteurs et même un bac à chaîne !
De plus, les voiliers de 12 à 20 m sont plus nombreux que
ceux de 8 m et le chenal ne dépasse pas 100 m. Pourtant, cela se
passe toujours en souplesse… »
Daniel Bonnefoy 2008
Si tu veux faire un vieux marin,
arrondis les caps
et salue les grains.
Autant que je m’en souvienne, je n’ai jamais rencontré de soucis
liés à la proximité d’une pointe ou par une difficulté non anticipée. Il faut
dire que du fait de mes origines granvillaises, je ne suis jamais sorti ou
rentré dans un port exposé sans garder
la grand voile envoyée. Cela m’a parfois permis de couper court à des pannes de
moteur inopportunes.
«
En 2007, sur un catamaran Hélios 38 en approche des jetées de Brighton par une belle brise de sud-ouest fraîchissante
et une mer formée, j’ai du élever la voix pour empêcher l’équipage d’affaler la
grand voile avant de s’engouffrer entre les jetées étroites à 10 noeuds.
Bien
que disposant de deux moteurs, je préfère toujours assurer la manœuvre comme si
la pompe à eau rendait l’âme et un bout se prenait dans l’hélice de l’autre
moteur.
Vous
trouvez que j’exagère ? Et bien cela m’est arrivé en arrivant dans la Médina de Cowes! N’oubliez
pas que les accidents se produisent toujours selon la loi de l’
emm…maximum.
Le
lendemain, dans les mêmes conditions, nous avons hissé les voiles à l’abri de
la marina, sous les applaudissements de nos voisins anglais ! »
« Mieux vaut un seul homme complètement
rincé
qu'un équipage complet mouillé.»
Quand
le vent à tendance à fraîchir et que le clapot devient un peu plus agressif,
n’attendez pas de recevoir les premiers embruns avant de capeler un ciré. Si la
pluie battante ou les embruns répétés ne justifient pas que l’équipage soit
dehors, pourquoi imposer que vos équipiers soit tous en tenue de combat à
l’extérieur.
«Rien ne sert de ... «
Sur un voilier d’une certaine taille, privilégiez le
moindre effort. Rien ne sert de tirer comme un fou sur l’écoute, l’écoute de
génois sera toujours la plus forte. Et des "machines" nommés treuils
ou cabestans ont été conçus pour cela. En France, on les appelle des winches.
Daniel Bonnefoy 2008
« j’aime ces cartes marines striées
de flèches noires, de toutes tailles et directions »
Erik
Orsenna de l’Académie Française
On l’a déjà
dit, des relevés de fonds sur une carte établies par Beautemps-Beaupré il y a
deux siècles sont beaucoup plus propices au rêve que les flèches d’un logiciel
informatique. Il faut reconnaître qu’un ordinateur à bord se rend vite
indispensable et que Macsea est bien pratique.
Gardez à l’esprit que sa précision est
insuffisante pour effectuer du rase-cailloux dans des zones à fort courant
comme les anglo-normandes.
‘Sur un Bavaria 38 aux
Minquiers en 2008, à moins d’avoir le nez dessus, nous étions incapable de lire
le traceur sur sa console du fait de l’ensoleillement. Comme nous naviguions à 2 m près dans l’approche vers la Maitresse-Ile… nous
étions heureux de disposer de la carte de détail doublée du guide de Michael
Robson, malgré cela... nous avons touché.»
Et puis une bonne carte de détail n’est-elle pas
beaucoup plus propice au rêve?
Par exemple : Au nord
de Guernesey, n’est- il pas plaisant de doubler la Noire Pute, elle-même située à quelques milles de la Grande Amfroque.
Daniel Bonnefoy 2008
« Qui
voit Ouessant voit son sang
Qui voit Groix voit sa croix
Qui voit Sein voit sa fin »
Heureusement, ce proverbe bien connu est généralement faux.
Pourtant, s’il est bien un secteur de navigation que je n’aime guère, c’est
bien celui situé entre l’Ile Vierge et le phare du Four. Peut être parce que
trois de mes amis y ont perdu la vie ?
«
En 1982, arrivés de nuit sur « Lady Be Good », un two tonner de Ron
Holland que nous devions convoyer de Bénodet à Cowes, nous découvrons au moment
de partir, tôt le matin, que les cartes n’étaient pas à bord.
Le
vent était de nord-est et la visibilité médiocre, mais cela ne nous a pas
empêché de louvoyer jusque dans le Solent le lendemain, sans difficulté
particulière.
Vous
aurez noté qu’à l’époque nous ne disposions pas de GPS, ni même de decca. Le
pif, rien que le pif et une expérience certaine. »
Daniel Bonnefoy 2008
« Un
bateau est conçu pour aller sur l'eau,
mais l'eau ne doit pas y entrer. «
Si vous ne voulez pas un jour avoir une poussée d’adrénaline en
descendant dans votre bateau rempli d’eau, vérifiez que les vannes de pompes
soient fermées en navigation.
«
Lors d’une étape du Tour de France à la Voile en 1985, entre le pont de Ré et l’ile
d’Oléron, alors que nous étions dans les tout premiers Sélection de la flotte depuis
le départ de St Nazaire, vers deux heures du matin, les feux de nos
poursuivants se rapprochaient, inexorablement.
Le
navigateur, descendant à la table à carte, rempli ses bottes dans 30 cm d’eau… Le loch-speedo,
mal bloqué avait « sauté »… Nous avons fini la nuit à vider
l’eau avec le seul seau du bord.»
« une
main pour soi,
une main pour le bateau »
On prête, à tort, à Eric Tabarly d’avoir prétendu que » l’homme qui passe à l’eau n’avait pas sa
place à bord ». Par contre, cela « sent » très fortement les
propos péremptoires de l’Amiral, je veux parler de Olivier de Kersauzon…
D’ailleurs, notre regretté Eric n’était-il pas déjà passé à l’eau
en 1964, alors que le futur écrivain Yann Queffélec barrait son
« Tarann » du coté de l’entrée du golfe du Morbihan ainsi que ce
dernier le révèle dans son dernier livre ?
Pour ma part, j’ai pris,
conscience récemment que parmi mes relations décédées accidentellement, je
connaissais beaucoup plus de personnes mortes en mer que d’un accident de la route.
En fait, et
j’appelle relation quelqu’un avec qui, si je n’ai pas navigué avec lui, j’ai bu
au minimum deux ou trois bières, j’en connais seize perdues en mer contre seulement
deux amis accidentés de la route. De plus, j’aurais pu en ajouter quelques
autres que je connaissais peu.
Cela fait
réfléchir. J’espère seulement que c’est une fâcheuse coïncidence…
Daniel Bonnefoy 2008
« C’est après la
foire que l’on compte les bouses»
En août 1979, l’avant-veille du départ du trop
célèbre et meurtrier Fastnet, lors de
la dernière régate de la Semaine de Cowes, le Royal
Yacht Squadron a donné un départ dans des conditions rares.
Compte tenu de la dépression profonde qui passait sur le
sud de l’Angleterre, seuls les
« one tonner », « two tonner » et « maxi »
étaient autorisés à naviguer. Sur la ligne se trouvait donc les classe 1 dont Condor -30 m - les "admiralers"
du monde entier ( Néo-zed, Australiens, Américains…) et une dizaine de
« petits », les « one tonner « (11.5 à 13 m).
Je courais sur Tapacenbal,
un plan Berret en bois moulé, voilier rapide dans la brise qui avait régnée
toute la semaine et nous courions pour la première place au classement général.
Notre concurrent le plus coriace était l’anglais Oystercatcher.
Fidèle à leur habitude, le Royal Yacht Squadron a donné le départ au vent arrière vers l’est,
à l’heure précise. Pourtant, du coté de Yarmouth, un nuage sombre s’annonçait juste derrière
nous venant des Needles, dans l’ouest du Solent.
« Au coup de
canon devant Cowes, le vent était établi à 40 nœuds. Cela « fumait ».
Seuls, Bermudes, Cider & Roses, Oystercatcher et nous même envoyons le spi
tribord amure, plein vent arrière, en route directe vers la première
bouée : South Bramble. La plupart des autres concurrents préféraient
naviguer sous génois ou foc tangonné.
Equipage affuté,
notre envoi de spi se passe sans difficulté et Tapacenbal déboule à une dizaine
de nœuds vers la bouée. Le spi ne peut être plus bridé. Pour ma part, je suis
au bras de spi et il me suffit d’être attentif. Tout le travail est pour le
barreur, hyper concentré. De temps à autre, on sent un coup de gite sur
tribord, à la contre-gite mais on s’habitue.
« Cela
baigne » et, passé la première minute, nous sommes décontractés. Nous
prenons le temps de « jeter un œil » derrière nous sur le roulis
rythmique impressionnant des IOR classiques. Le Joubert "Bermudes",
skippé par Yves Pajot, nous précède ainsi qu’un anglais " Cider &
Roses ". C’est bien parti pour nous, car nous savons que nous
« allons mieux qu’eux » au près. « Cela devrait le
faire ».
Soudain, il ne reste
plus qu’un spi devant nous et, 20 secondes après, nous longeons "Bermudes"
démâté. Nous nous réjouissons. Le départ a été donné il y a moins de 5
minutes ! Le grain monte, violent, les « barber » ne peuvent
être plus souqués, le spi lourd orange plus bridé. Sans doute à une quinzaine
de nœuds, sur un clapot court et une mer plate, "Tapacenbal " accélère
sur un rail. Nous sommes tendus et, chacun, intérieurement, pense que ce n’est
pas vraiment raisonnable mais «cela le fait ».
Cela déboule bien et
sommes maintenant à moins d’un mille de la bouée, juste derrière "Cider
& Roses" que nous voyons soudain pivoter brutalement et se coucher. Il
n’a plus de safran. A moins de 500
m de la première bouée, nous sommes en tête. Toutefois,
le courant nous a un peu dépâlé dans le sud de la route et Lionel, concentré,
nous maintient magistralement sur la panne avec une légère contre-gite. Avec 50
nœuds de vent, il faut le faire!
Nous étions trop en
confiance. Brutalement, bien qu’après deux ou trois alertes, notre plan Berret
part à l’abattée comme ces carènes savaient si bien le faire. La bôme empanne
violemment, se plaque sur la bastaque tribord reprise. C’est la guerre. Chacun
d’entre nous essaie de se coordonner avec les « collègues ». La
grand-voile claque violemment, le spi bat brutalement, tangon planté dans l’eau
verte sur tribord.
Pour ma part, tangon
planté dans l’eau, dans un cockpit dont le plancher est quasi vertical, j’étais
dans l’impossibilité de choquer le bras de spi alors que le winch tribord est
sous l’eau. Le plus urgent est de reprendre la bastaque bâbord et de choquer
celle de tribord, sous l’eau, couché que nous sommes à 80°. Le safran, en
permanence sorti de l’eau est inopérant et nous dérivons, couché sur notre
tribord amure. Nous voyons clairement la grand voile se découdre, les lattes se
glisser hors de leur gousset.
Une fois la bastaque
choquée, la drisse de spi larguée, tant bien que mal les équipiers avant, Loïc
et Alain, récupèrent le spi et "Tapacenbal" se redresse. En même
temps, François et Bébert affalent la grand voile dont plusieurs laizes se
décousent et renvoyons un foc 2. C’est alors que nous nous apercevons que le
pont en contreplaqué est arraché sur 50 cm2 à bâbord et 30 cm2 à tribord au
niveau des poulies de barber-haulers ! Au niveau de la bastaque bâbord, le
pont est aussi arraché.
Nous continuons
notre route plein vent arrière, sous foc seul, juste devant la flotte encore en
course sous génois ou foc tangonné et, surprise, avec notre petite voile
d’avant, équipage décontracté, notre carène planante va aussi vite
qu’eux !
Toujours vent
arrière vers les Forts, nous croisons la flotte des classe 1 de retour au
louvoyage. "Condor", "Gauloises 3", sous 3 ris et foc nous
croisent. Bien calé dans le balcon arrière, avec mon appareil photo, malgré la
visibilité réduite et la pluie, je mitraille
les voiliers qui passent à proximité. Curieusement, nous sommes toujours en
tête de notre classe !
Un admiraler, "Casse
tête V" passe juste devant nous bâbord amure et vire immédiatement. Je le
photographie. Alors que son équipage reborde son foc, il prend sa gite et, dans
une rafale, sa tête de mat se glisse entre notre pataras et notre mat !
Je prends la photo
alors que nous nous couchons et que notre mat se plie à hauteur de la première
barre de flèche. Il ne nous reste plus qu’à continuer notre route vers Gosport,
sous le vent à quelques milles. «
Nous saurons par la suite que, dans la matinée, 54 noeuds
de vent ont été enregistrés à la station météo voisine et qu’un équipier est
mort, le crane violemment frappé par la bôme, lors d’un empannage involontaire. Adieu le Fastnet. Nous ne connaissions pas encore
notre chance.
Pour la jeune classe, lors du Fastnet 1979, 19 voiliers ont
été abandonnés et récupérés, 5 bateaux coulés après leur abandon par l’équipage
et il y a eu 15 morts, pour la plupart dans leur canot de survie.
Notre « agresseur » Casse tête V, malgré sa
taille, était du lot des nombreux
voiliers qui ont rencontré de sérieuses difficultés. «
Daniel Bonnefoy 2008
« Le marin se distingue par son
aptitude à pratiquer la
sieste à toute heure, en tous lieux, par tous les temps. Car
ce qui est pris n'est plus à prendre. »
Hervé
Hamon
ANTICIPER : Vous commencez à le comprendre, en
naviguant, cela doit être votre maitre mot, votre pensée unique. Cela vous
évitera bien des déconvenues. Cela signifie
aussi, manger, se reposer dès que cela est possible. La sieste, c’est
important…
" Deux capitaines sur le
pont
et le bateau est au fond ! "
Ce n'est pas parce que nous n'avons pas les mêmes idées politique
que nous ne pouvons pas partager une passion...
C'est pourquoi, il ne faut qu'un seul navigateur qui décide
à bord. Imaginez que je veuille toujours tirer le bord tribord et mon skipper
le bord du facteur à gauche...
Toutefois, cela n'empêche pas de franches discussions.
Daniel Bonnefoy 2008
« Un bateau n'est pas plus grand ou plus petit,
selon qu'il se trouve
au creux
ou au sommet de la vague. »
« En 2004, j’ai acheté
« Pixie », un Téquila sport ( 7.2 m) et, avec mon copain Daniel et une amie,
nous étions sur la ligne de départ du Tour des Ports de la Manche (110 voiliers) à St
Vaast la Hougue. Il
ne faisait pas beau pour un mois de juillet, c’est un euphémisme…
Nous avons observé le
départ des voiliers de notre catégorie, sans aller, comme eux, virer la bouée
de dégagement au louvoyage et avons mis le cap directement vers le Raz de
Barfleur, persuadés que nous verrions la flotte des « gros » nous rattraper
et nous doubler.
Le vent soufflait de
secteur ouest force 5 à 6 et, à partir de Gatteville, avec 2 à 2.5 nœuds de
courant favorable contre le vent, au près, cela secouait brutalement.
De temps à autre, alors
qu’au rappel avec ma copine nous devisions gaiement, une déferlante nous
interrompait.
La mer était grosse pour
les 7.2 m
de mon bateau qui passait merveilleusement bien les vagues. Mais ma plus grande
fierté a été d’arriver dans la rade de Cherbourg sans être rattrapée.
Nous avons même du faire
demi-tour pour aller attendre les copains ! J’étais heureuse mais
complètement trempée, il faut dire que les conditions étaient vraiment
difficiles. »
Laurence Poncet & Daniel Bonnefoy 2004
"Le voilier est le moyen le
plus cher,le plus lent et le plus inconfortable pour aller d'un endroit où l'on
est bien à un
endroit où l'on n'a rien à
faire".
En 1975, se terminait le Triangle Atlantique. Après la Whitbread de 1973,
c’était la deuxième fois qu’une course à étape inter-continentale était
organisée dans le monde.
Après avoir relié St Malo à Capetown, puis Rio de Janeiro,
le BOBIV, un Cornu de 14 m
construit chez Labbé à S Malo terminait son triangle vers Portsmouth sous les
ordres de son skipper, un gamin de 17 ans : Franck Escoffier.
L’atterrissage lors du dernier jour de mer est joliment
relaté par mon ami, André Gentil, dans son excellent livre de mer, « Par les trois caps, t’es pas
cap » :
« Après
60 jours de mer, nous remontions de Rio de Janeiro vers Portsmouth, dernière
étape du Triangle atlantique. L’anticyclone nous avait joué des mauvais tours
et fait prendre du retard au point de nous rationner en eau et nourriture.
Nous entrâmes en Manche par une épaisse
brume. Le petit temps s’installa durablement. La brume durait depuis trois
jours et notre point astro vieillissait mal. La gonio reprit du service, les
instructions nautiques furent épluchées jusque dans les moindres détails. C’est de l’ouïe que vint la délivrance. Deux
sons de corne toutes les trente secondes. C’était bien elle.
Nous étions
à quelques milles de la pointe Ste Catherine au sud de l’île de Wight. Le son
de la corne était désormais sur notre arrière bâbord. Nous nous tenions tous
les sept sur le pont, silencieux, recueillis.
Des remous inquiétant firent monter la
tension d’un cran.
-On est dans la roche…Très
près de la côte.
-Chut. Taisez vous !
J’entends une voiture.
Debout au pied du mat,
Térénia murmura, incrédule :
-Regardez, des vaches.
-Où ça
-Là haut.
-Regardez là haut sur la
colline, entre les bouchons de brume.
-Elles volent ?
-Non, elles broutent. Oh,
nom de Dieu, des vaches !
Imaginez la scène, sept navigateurs hirsutes,
à faire peur, apercevant des vaches sur les flancs verdoyants de l’île de Wight
après cinquante-sept jours de mer ! »
A l’époque, le rôle du navigateur était primordial. La
navigation se faisait exclusivement à l’estime et c’était agir en bon marin
que, dans la boucaille, et même en course, on abatte pour reconnaître une bouée
ou une cote afin de « conforter » l’estime.
C’était un temps que les moins de 50 ans ne
peuvent pas connaître…
Ils ne jouiront jamais de la satisfaction qu’apportait la
découverte du point d’atterrissage espéré qui succédait à des heures de doute.
Le navigateur pouvait enfin se la jouer modeste alors qu’il distillait à
l’équipage depuis de heures, voire des jours, des positions dont il doutait…
On le constate, en dehors de la radio-gonio, aide toute
relative, aucun progrès n’avait été effectué depuis des centaines d’années.
Aujourd’hui, durant la durée de cette course (170 jours de
mer), on effectue trois tours du monde…
Daniel Bonnefoy 2008
Et n’oublions
jamais la loi de Murphy :
« Si
tout va bien, c'est que vous avez mal regardé... »
Quelques
évidences:
- Il manque toujours une défense à l'endroit où ça touche.
- Une main pour soi, une main pour le bateau...
- Un tour-mort et 2 demi-clés n'ont jamais manqués.
Inutile de connaître les 3800 nœuds recensés par Clifford
W.Ashley.
Il
vous suffit de réaliser avec automatisme 5 à 6 nœuds:
- Le nœud de cabestan (pour amarrer les défenses sur les filières)
- Le nœud de grappin (pour s’amarrer à un anneau)
- Le nœud en huit. (sur les écoutes de spi et de génois)
- Le noeud plat (pour « rabouter » deux bouts)
Sans oublier, les plus utilisés:
- Le nœud de chaise. Celui du serpent qui sort du puits, fait le
tour de l'arbre et replonge dans le puits... (Le nœud à tout faire)
- Le nœud du capitaine (plusieurs fonctions possibles)
- Le nœud de cravate.
Cap compas ou cap vrai :
Quand on descend dans le bateau on enlève son ciré. La déclinaison
se retranche donc sur la carte.
Si l’on monte la descente pour sortir du bateau on met son ciré.
En clair, on ajoute la déclinaison pour indiquer le cap compas)
En navigation de nuit :
vert
sur vert, tout est clair
rouge sur rouge, rien ne bouge
En navigation de jour :
« Un bas si rouge et deux tricots verts »
UN BAbord CYlindre ROUGE et DEUX TRI
bord COnes VERTS
Daniel Bonnefoy 2008