mardi 3 février 2015

1979 TAPACENBAL; une régate d'anthologie

Pour visionner les 180 autres articles,
 cliquer sur la flèche horizontale verte devant "2016" 

puis celle devant "octobre " par exemple.

ou devant "2017" et "janvier"



Une régate d’anthologie 


Le 9 août 1979, l’avant-veille du départ du trop célèbre et meurtrier Fastnet, lors de la dernière régate de la Semaine de Cowes,  le Royal Yacht Squadron a donné un départ dans des conditions rares. 

Compte tenu de la dépression profonde qui passait sur le sud de l’Angleterre, seuls les « one tonner », « two tonner » et « maxi » étaient autorisés à naviguer. Sur la ligne se trouvait donc les classe 1 dont Condor -30 m - les admiralers du monde entier ( Néo-Zed, Australiens, Américains…) et une dizaine de « petits », les «  one tonner « (11.5 à 13m).








 Je courais sur Tapacenbal, un plan Berret en bois moulé, voilier rapide dans la brise qui avait régnée toute la semaine et nous courions pour la première place au classement général. Notre concurrent le plus coriace était l’anglais Oystercatcher. 

Fidèle à leur habitude, le Royal Yacht Squadron a donné le départ au vent arrière vers l’est, à l’heure précise. Pourtant un nuage sombre s’annonçait juste derrière nous venant des Needles, dans l’ouest du Solent. 

Au coup de canon devant Cowes, le vent était établi à 40 nœuds. Cela « fumait ». Seuls, Bermudes, Cider & Roses, Oystercatcher et nous même envoyons le spi tribord amure, plein vent arrière, en route directe vers la première bouée : South Bramble. La plupart des autres concurrents préféraient naviguer sous génois ou foc tangonné.

 Equipage affuté, notre envoi de spi se passe sans difficulté et Tapacenbal déboule à une dizaine de nœuds vers la bouée. Le spi ne peut être plus bridé. Pour ma part, je suis au bras de spi et il me suffit d’être attentif. Tout le travail est pour le barreur, Lionel, hyper concentré. De temps à autre, on sent un coup de gite sur tribord, à la contre-gite mais on s’habitue.

 « Cela baigne » et, passé la première minute, nous sommes décontractés. Nous prenons le temps de « jeter un œil » derrière nous sur le roulis rythmique impressionnant des IOR classiques. Le Joubert Bermudes, skippé par Yves Pajot, nous précède ainsi qu’un anglais. C’est bien parti pour nous, car nous savons que nous « allons mieux qu’eux » au près.  « Cela devrait le faire ».

Soudain, il ne reste plus qu’un spi devant nous et, 20 secondes après, nous longeons Bermudes démâté. Nous nous réjouissons. Le départ a été donné il y a moins de 5 minutes ! Le grain monte, violent, les barber ne peuvent être plus souqués, le spi lourd orange plus bridé. Sans doute à une bonne quinzaine de nœuds, sur un clapot court et une mer plate, Tapacenbal accélère sur un rail.

Nous sommes tendus et, chacun intérieurement, pense que ce n’est pas vraiment raisonnable mais «cela le fait ».


 Cela « déboule fort » et nous apercevons la bouée South Bramble, devant nous à moins d’un mille. Soudain, Cider & Rose, seul à nous précéder, pivote brutalement et se couche. Il n’a plus de safran. A moins de 500 m de la première bouée, nous sommes en tête. Toutefois, le courant nous a un peu dépalé dans le sud de la route mais Lionel, concentré, nous maintient magistralement sur la panne avec une légère contre gite. Avec 50 nœuds de vent, il faut le faire.

 Nous étions trop en confiance. Brutalement, après deux ou trois alertes, notre Berret part à l’abattée comme ces carènes savaient si bien le faire. La bôme empanne violemment, se plaque sur la bastaque tribord reprise. C’est la guerre. Chacun d’entre nous essaie de se coordonner avec les « collègues ». La grand-voile claque violemment, le spi chalute sur tribord.

 Pour ma part, étant au bras de spi du tangon planté dans l’eau, dans un cockpit dont le plancher est quasi vertical, j’essaie sans doute de choquer le bras alors que le winch tribord est sous l’eau. Le plus urgent est de sauver le mat en « reprenant » la bastaque bâbord et en choquant celle de tribord, sous l’eau, couché que nous sommes à 80°. Le safran, en permanence sorti de l’eau est inopérant et nous dérivons, couché sur notre tribord amure. Nous voyons clairement la grand voile se découdre, les lattes glisser hors de leur gousset.

 Une fois la bastaque choquée, la drisse de spi est choquée, et tant bien que mal les équipiers avant, Loïc et Alain, récupèrent le spi. Tapacenbal se redresse et redevient manoeuvrant. Dans la foulée, François et Bébert affalent la grand voile dont plusieurs laizes se décousent et nous renvoyons le foc 2. C’est alors que nous nous apercevons que le pont en contreplaqué est arraché sur 50 cm2 à bâbord et 30 cm2 à tribord au niveau des poulies de barber-haulers ! Au niveau de la bastaque bâbord, le pont est aussi arraché.

 Nous continuons notre route vers Portsmouth  plein vent arrière, sous foc seul, juste devant la flotte encore en course sous génois ou foc tangonné. Surprise, avec notre petite voile d’avant, équipage décontracté, notre carène planante va aussi vite qu’eux !

 Toujours vent arrière vers les Forts, nous croisons la flotte des classe 1 de retour vers Cowes au louvoyage. Condor, Gauloises 3, sous 3 ris et foc nous croisent. Bien calé dans le balcon arrière, avec mon appareil photo, malgré la visibilité réduite et la pluie,  je mitraille les voiliers qui passent à proximité. Curieusement, nous sommes toujours en tête de notre classe !

 Un admiraler, Casse tête V passe juste devant nous bâbord amure et vire immédiatement. Je le photographie. Alors que son équipage reborde son foc, il prend sa gite et, dans une rafale, sa tête de mat se glisse entre notre pataras et notre mat ! Je prends la photo alors que nous nous couchons et que notre mat se plie à hauteur de la première barre de flèche. Il ne nous reste plus qu’à continuer notre route vers Gosport, sous le vent à quelques milles. Adieu le Fastnet. Nous ne connaissions pas encore notre chance.



 Nous saurons par la suite que, dans la matinée, 54 noeuds de vent ont été enregistrés à la station météo voisine et qu’un équipier a été tué par la bôme lors d’un empannage involontaire.

 Pour la jeune classe, lors du Fastnet 1979, 19 voiliers ont été abandonnés et récupérés, 5 bateaux coulés après leur abandon par l’équipage et il y a eu 15 morts, dont plusieurs dans leur canot de survie. 

Notre « agresseur » Casse tête V,  malgré sa taille,  était du lot des nombreux voiliers qui ont rencontré de sérieuses difficultés. 
























Tapacenbal en 2010

dimanche 1 février 2015

VOILE MAGAZINE : navigation numérique ou navigation papier ?






VOILE MAGAZINE


En régate, navigation numérique 
ou navigation papier ?

"on n’entre jamais autant dans le détail qu’avec les petits casiers que les

 pêcheurs ont gentiment mouillés à notre attention tous les 50 mètres."














« Sur le Sun Odyssey 40 « Karibario –Kunkel  Palettes », le bateau de Jan Legallet, on n’hésite pas à multiplier les sources. 

Interrogé sur le sujet, le navigateur, Daniel Bonnefoy, prend un air pensif et commence à fouiller dans sa bibliothèque. Il en sort un tas d’ouvrages qui s’accumulent sur la table à carte jusqu‘à la recouvrir entièrement. Il y a là les atlas de courant du SHOM bien sûr, mais ce n’est pas tout.


 Daniel utilise aussi les atlas de l’Amirauté britannique (ceux du UKHO), les « courants de marées » d’Alain Maupas, ouvrage édité autrefois par les Editions Maritimes et d’Outre-mer, sans oublier une antique publication du SHOM intitulée « Courants de marées ». Le livre date de 1968, il a beaucoup, beaucoup, navigué c’est à peine si ses pages tiennent encore ensemble. A bord, on le surnomme « le vieux grimoire ».


Avec autant de littérature à sa disposition, Daniel occupe t-il ses soirées, la veille de la régate, à étudier tous ces ouvrages et à élaborer une stratégie sophistiquée incluant des coups à quatre bandes, au lieu de traîner sur les quais de bistrot en bistrot ?  Pas vraiment, il s’y met plutôt le matin du départ… 

Jan Legallet, le skipper, affiche un air désapprobateur quoique bienveillant : »je préfèrerais que ce soit fait avant, admet il, mais bon, je ne dis rien ». 


L’un des grands enseignements de cette petite enquête est qu’on peut certes, se procurer des données très précises, que ce soit sous forme imprimée ou numérique mais on n’entre jamais autant dans le détail qu’avec les petits casiers que les pêcheurs ont gentiment mouillés à notre attention tous les 50 mètres.

De même, chaque bouée, latérale ou cardinale, chaque tourelle, chaque bout de caillou qui dépasse est un indicateur idéal, même si, dans certains cas, on ne peut s’en approcher trop. 


N’empêche, tous les livres de Daniel sont remplis de Post-it… et, cette année (2013) , le Sun Odyssey 40 « Karibario – Kunkel  Palettes », a pris la 4ième place (dans son groupe) du Tour des Ports de la Manche avant de finir 2ième du Tour du Finistère 

(NDLR: en 2014, 1 ier duTour des Ports de la Manche, 1 ier au Trophée TRESCO,  2ième du Tour du Finistère.  »



 En faisant ainsi la tournée des pontons, nous voulions répondre à une double question : quelles sont les meilleures sources disponibles ? Plutôt numérique ou plutôt papier ? 


  Sébastien Mainguet - Voile Magazine - Novembre 2013







Bosco17
Euh, surtout ceux qui ont des dizaines de milliers d'heures en régate 
20 heures par semaine, 50 semaines par an, cela fait au moins 20 ans CONTINUS...
(déjà, faut trouver de quoi faire des régates TOUTES les semaines... Après, faut qu'elles vous occupent 20 heures toutes les semaines... Et enfin, faut faire ça pendant 20 ans...



viking35
Bosco: je me sens légèrement visé...Tu ne m'en voudras pas de n'avoir pas comptabilisé les heures et les milles précisément depuis la quarantaine d'année que je régate régulièrement...
Sache toutefois que la plus longue course auquel j'ai participé comptabilise à elle seule autour de 4500 h, que j'ai navigué à ce jour sur 227 voiliers, que depuis que je les comptabilise j'ai effectué en moyenne chaque année 2000 milles de régate sans compter les convoyages.
Alors des dizaines est surement excessif mais 20 à 30 000 heures en course, 30 à 50 000 milles ne me semble pas exagéré... et, pour revenir au sujet, j'ai vécu seulement quatre départs à l'abattée et aucun alors que j'étais à la barre. 




dekers
Pour ceux qui taquinnent Viking35, je l'ai cotoyé sur l'eau et aux ptits malins qui veulent aller tirer qq bords contre lui, c'est tout à fait sympa, mais vous enflammez pas trop, il est extrêmement malin sur un plan d'eau en tactique et de plus il jouit d'une expérience bien plus conséquente que nous.
Dernier point, dans les propos de Viking35, il n'apparait jamais de surenchère, d'exagération ou autre....ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Il est plutôt précis et relate des faits et non des faits X 120%...
Pour info, je ne l'ai croisé que 2 ou 3 fois sur un Tourduf, donc c'est pas un pote avec qui je régate, mais je pense qu'on peut le respecter sur un plan d'eau comme sur ces posts... un peu "perfectionniste" des fois...







samedi 11 octobre 2014

LES VOILES DE ST TROPEZ sur "Véronique"



Ma première régate sur « VERONIQUE"  yawl de 1907

Pour visionner 

les photos cliquez deux fois sur la première photo.





Il s’agit de ma première régate sur ce yawl construit en 1907 au chantier Luke & Co à Hamble proche de Southampton, dont je ne connais que son jeune capitaine, Cédric.

VIDEO "Yachting Monthly "sur "Véronique"

https://www.facebook.com/yachtingworldmagazine/videos/1132627840153820/












Au rythme méditerranéen qui sied aux quais de St Tropez, depuis le début de la matinée les 12 équipiers cosmopolites de « VERONIQUE », Argentin, Anglais, Suédois, Uruguayen, Français et même Malouin*, préparent cette vieille dame en configuration course.






Le capitaine et le tacticien...
































A 11 h précise, le propriétaire allemand, Hans, sa femme et ses quatre invités argentins et allemands montent à bord. 

C’est le signal du départ. Le moteur est démarré, la coupée rentrée, les amarres larguées et le capitaine, Cédric,  à la barre, infiltre le vieux voilier de 22 m dans le petit train des dizaines de voiliers qui se déhalent à deux nœuds vers la sortie du port.





Avec le petit temps qui sévit habituellement en fin de matinée dans la baie de St Tropez, tous les voiliers classiques « tournent » tranquillement  en attendant que le vent s’établisse. 

L’hôtesse, Julie, fait circuler des boissons… 


Admirer de près tous ces voiliers est un spectacle rare.


Peu avant midi, alors qu’un « embryon de semblant de vent » semble s’établir, le Comité de course donne le départ des « gros ». 

« MOONBEAM III et IV, « TUIGA »,
« CAMBRIA »,  »ELEONORA », « ELENA », « SUNSHINE » et une dizaine d’autres classiques plus ou moins longs, plus ou moins vieux, prennent le départ ou plutôt tentent de le prendre car leur vitesse, une fois lancés ne dépasse pas deux nœuds !

En longeant la côte du coté de Ste Maxime, la flotte se dirige tant bien que mal vers la bouée des Issambres, au près sur la route directe.

Dans 10 minutes, viendra notre tour. Hans prend la barre. En utilisant un mélange d’anglais mâtiné de français, le tacticien que je suis le guide afin de se faufiler dans la flotte de voiliers plus ou moins statiques. 

Comme j’ai l’habitude de le pratiquer sur des voiliers modernes, j’ai repéré la ligne, supputé son coté favorable, mesuré le temps nécessaire pour la franchir à partir d’un point de repère à terre…






Trois minutes avant le coup de canon, à 200 m de la ligne nous sommes sur le bon bord, au près, mais surtout, nous avons réussi à lancer « la bête » à plus d’un nœud.  

A l’approche de la ligne de départ, quand l’équipage s’aperçoit que la plupart de leurs adversaires habituels : « MARIGOLD », »PARTRIDGE », « KARENITA », « PEN DUICK » « OWL » sont derrière , la tension est palpable à bord.. 




« AVEL » et son étrave à guibre, est légèrement à notre vent.  Seuls de nombreux petits voiliers véloces nous précèdent.



Une dizaine de minutes plus tard, le vent s’établit un peu et nous atteignons deux nœuds. 

Hans barre bien et nous réussissons à conserver notre avance. 


Mieux, il nous semble que nous « revenons » sur la flotte des voiliers partis avant nous qui, manifestement, souffrent dans une « molle » devant Ste Maxime.

Dans le sud, à 90 ° de la route, j’aperçois une bande de vent nette devant la baie des Canoubiers. 

Les « locaux du bord », avec leur accent inimitable, m’indiquent que « c’est le thermique qui rentre » mais me dissuadent de virer pour « chercher » la risée en arguant que « le vent va venir » ,  que " les autres continuent », qu’il ne serait pas possible de « repartir » après un virement. 


Je les écoute d’une oreille mais l’idée me taraude. 


Ce qui m’étonne est le fait qu’aucun des voiliers, et non des moindres, de la flotte qui nous précède n’ait encore viré.




Toutefois, il devient évident qu’à un mille devant nous, du coté des Sardinaux, tous les voiliers sont encalminés. 


Malgré cela, Hans, avec un langage anglo-français comprend mal que l’on ne suive pas les autres.

Il est toujours difficile d’avoir raison contre tout le monde aussi je les écoute encore quelques minutes puis, finalement, en anglais, « I explain to Hans why we must to tack, now ». 

Mon ton impérieux le convainc même si cela nous écarte nettement de la route directe et bafoue le théorème du bord rapprochant.


 « Ready to tack » lance Hans ; le capitaine, Cédric, coordonne les différentes manoeuvres. « On vire », les dés sont jetés.

Ils avaient raison et je m’en doutais, relancer un yawl aurique d’une vingtaine de tonnes par 5 à 7  noeuds de vent n’est pas chose facile. 

Mais, après plusieurs minutes, nous retrouvons une vitesse autour de deux nœuds à 110 ° de notre cap précédent ! Cap sur la « Madrague » dans la baie des Canoubiers… Nos adversaires, devant Ste Maxime, s’éloignent… Personne ne dit mot mais je sens une certaine inquiétude parmi les équipiers.


Une demi-heure s’écoule. Notre vitesse est maintenant de l’ordre de trois nœuds et sommes maintenant tout proche de la bande bleue, signe de vent. Sur notre bâbord arrière, la flotte entière est encalminée.

Peu après, nous « touchons » le vent qui refuse. Une dizaine de nœuds de sud-est, canalisé par la baie. «VERONIQUE» gite et accélère à plus de 8 noeuds.  

Dès que j’estime être suffisamment « rentré dans le  refus », nous virons. Sur ce yawl resté « dans son jus », il n’existe aucun winch. La grand voile, l’artimon, le foc, le clin foc comme la trinquette sont bordés à l’aide de palans.

C’est un plaisir rare de voir la flotte défiler à 2 milles sous le vent… et l’on me dira par la suite que c’était la première fois que «VERONIQUE» se trouvait en tête d’une régate.

Quelques milles après, à la bouée des Issambres, le vent est revenu pour tous. 
Nous croisons juste derrière« THENDARA » « (38 m) ! 

Dans les quelques milles de près  qui suivront, « CAMBRIA » (38 m) , « ELEONORA » ( 42 m) puis « ELENA » ( 42 m)   et « MOONBEAM IV » ( 32 m)  nous doublent sous le vent sans coup férir.






A l’approche de la bouée au vent, le vent mollit.  Un généreux boulevard d’environ 50 m  nous est offert par « MOONBEAM III » (31 m)  qui venait de nous doubler sous le vent. J’ordonne au barreur, un peu surpris,  de s’infiltrer entre lui et la bouée et repassons notre adversaire à la bouée alors qu’il prépare l’envoi de son spi blanc.




Malheureusement, faute de voiles de portant dignes de ce nom et aussi, à cause de la « molle » traditionnelle qui règne devant la tour du Portalet,  le bord de vent arrière vers St Tropez est nettement moins glorieux. 


Consolation, de mémoire de l’ " ancien " du bord, Pierre,  jamais « VERONIQUE »,  n’avait réalisé une aussi belle régate.


Il est 17 h, il faut affaler, plier les voiles, prendre sa place dans la meute qui s’engouffre au ralenti dans l’entonnoir que constitue les jetées.






Des Rivas, des « cigarettes » se faufilent, les ,« Vedettes Vertes » de Ste Maxime essayent de sortir du port; comme à Paris dans les embouteillages, certains voiliers « font l’intérieur ».












Puis, longueur après longueur, les voiliers progressent, attrapent la bouée d’amarrage tout en faisant un demi-tour, arrière à quai devant des centaines, voire des milliers  de spectateurs massés sur les quais et la jetée. 

Les bombes à eau fusent entre voiliers, les équipages s’invectivent,  on entend un orchestre sur le quai, des équipages sont costumés…





Dès la coupée mise en place, le propriétaire et son épouse saluent l’équipage et ses invités quittent le bateau, rapidement. 

Puis, comme tous les équipages du monde, nous pouvons enfin savourer ce pourquoi nous avons trimé toute la journée sous le soleil : boire une bière fraîche.


                                                                                                                                Daniel Bonnefoy







































































Pour visionner les 180 autres articles,
 cliquer sur la flèche horizontale verte devant "2012" 

puis celle devant "avril " par exemple.