dimanche 19 juillet 2015

RORC : COWES / DINARD 2015

RORC : Duke of York /Le Rad d’Aleth – 10-11 Juillet 2015


« Ce fut un Cowes – Dinard très rapide. Les records scratch en multicoque et en monocoque sont tombés. À 22h00, alors qu’on dépassait à peine les Casquets, l’équipage de Léopard pouvait tranquillement s’installer en terrasse à Saint-Malo pour commander à dîner !


Une fois n’est pas coutume, pas de louvoyage, mais du spi ou du code zéro du début à la fin. 

Des conditions de rêve, un gentil médium d’Est avec un beau soleil pour rallier Guernesey, une petite zone de transition, puis la bascule à l’ouest avec un vent qui va monter assez vite pour s’établir autour de 23 / 25 nœuds avec des pointes jusqu’à 28 nœuds, nous offrant quelques jolis surfs et un trajet Guernesey / Saint-Malo en moins de 5 h pour un bon nombre de bateaux. 

Les amateurs de glissades ont été comblés ! Et en plus il ne faisait même pas froid ! »    E.Basset









Après un départ « à l’arrache » de Cherbourg la veille sur le coup de 1 h du matin, c’est toujours à quatre que nous abordons cette mythique et traditionnelle course de Cowes à Dinard/St Malo via les Casquets (première édition en 1905 !).

Une fois n’est pas coutume, Sébastien a préféré les joies d’un déménagement sous une chaleur indécente aux charmes du Solent… Remplacé avantageusement ou pas, c’est selon, par Christo qui lui, arrivait directement d’Athènes…

Après un solide English breakfast au Duke of York, c’est avec des ambitions modestes que Christophe, Nicolas, Nikitas et Daniel  de Dr Feelgood s’aligne, sous le soleil matinal, devant les canons du Royal Yacht Squadron…






 




9 h10 : Cela devient une habitude, nous prenons le départ à l’endroit où le vent s’évanouit… en milieu de ligne sous spi asymétrique avec 10/12 noeuds d’Est Sud-Est. Cela passe le long du Squadron et à droite, pas au milieu…







Devant Yarmouth, nous anticipons bien le refus que nous apercevons à hauteur des forts mais sommes surement montés trop au vent en sortant de la veine de courant principale.









12h : Sous les falaises, avant les Needles, le vent est irrégulier, les claques nombreuses. 14/16 noeuds d’Est sud-est. CC 210 ° Nous renvoyons notre spi avant Fairway.



12h : Sous les falaises, avant les Needles, le vent est irrégulier, les claques nombreuses. 14/16 noeuds d’Est sud-est. CC 210 ° Nous renvoyons notre spi avant Fairway.

Le dernier des Class 40, parti en retard, nous double de près.Un IMOCA 60 pieds et un VOR suivis du 100 pieds Léopard et ses 18 équipiers au rappel nous doublent sans coup férir.








13h30 : Cap compas 225°. Reaching sous génois à 80/90° du vent. 14 nœuds d’ Est Sud Est.









Le vent variable et à tendance à adonner et à mollir. Notre cap est un peu inconstant du fait que nous ne disposons d’aucune carte et la navigation se limite à un smartphone… Notre route est donc un peu erratique dans la flotte.


15h : Cap compas 210°. Envoi du spi asymétrique à 110/120° du vent avec 12/13 noeuds.







La vie est belle, il est rare de courir en Manche en short et en chemise… La flotte s’étire, les voiliers deviennent difficilement identifiables.

16h : Cap compas 215°.Peeling et envoi du spi symétrique à 130/140° du vent.Nous nous situons plutôt au vent de la flotte.





Sur le rail descendant, nous apercevons, au loin, en tout un porte-container et un pétrolier… Trois remorqueurs de la Navy aussi. Où sont passés les cargos ?

17h : Cap compas 215°.Toujours sous spi symétrique à 130/140° du vent.
De curieux nuages ballonnés nous surplombent. Quelques grosses gouttes nous rappellent la situation météo instable. Mais j’ai oublié le livre de Joe Klipfel, plaisancier malouin des années 50 : « Prévoir le temps par les dictons marins »… Dommage.




19 h : La renverse approche, le courant faiblit à 2.5 noeuds. En vue d’Aurigny dans le sud, nous apercevons les Casquets sous le vent. Cela me convient bien, je compte en effet, sur la renverse pour nous avaler dans le Sud-ouest…  

Une partie de la flotte, sous le vent,  nous apparaît bien proche du D.S.T.interdit.  ( Dispositif de Séparation du Trafic). Au fait, à quoi est utile cette interdiction ? N’y a t-il pas autant de navires à passer dans les rails que dans ces fameux D.S.T. ?

21 h 45 : Nous passons à quelques encablures des Casquets avec une vitesse fond atteignant 11 noeuds. Toujours sous spi à 120/130° du vent dans un vent mollissant à 8/10 noeuds.





22h : Avec un vent tombé à 4/5 noeuds, notre spi n’en peut plus et reste gonflé trop rarement à notre gré. L’heure est donc venue d’essayer le nouveau spi léger North. Il n’a guère eu le temps de se gonfler mais le peu qu’il ait fait est encourageant …




22 h 30 à 23 h 30 : L’heure est à la cuisine, purée pour tout le monde… En effet, nous sommes « empétolés », exactement comme les gribs le prévoyaient ! Le courant de 2 à 3 nœuds nous emmène sur la route, vers les Hanois.

Minuit : Comme la météo l’avait presque prévu, 10 nœuds d’ouest reviennent progressivement. En effet, nos prévisions donnaient plutôt du Ouest-nord-ouest… Nous envoyons le génois au reaching.

1 h : Le long des cailloux inhospitaliers de la côte ouest de Guernesey, nous apercevons nettement les lumières des cottages. La voie lactée est parfaitement visible, les étoiles nombreuses. Il est probable que nous aurions été « mieux » à 1 ou 2 milles plus dans l’ouest.

2 h : A l’approche des roches situées à l’ouest du phare des Hanois, nous apercevons des dizaines de feux devant nous et à notre vent.  Le phare brille à 1 mille dans l’est. Des feux de poupe sont proches. Mais de qui s’agit-il ?
Nous avons toujours 10 noeuds de vent au débridé.

2 h 20: Nous mettons trop de temps à envoyer le spi tardivement à 1 mille dans le sud des Hanois après avoir abattu de 50 ° au CC 150/160 à 140° du vent. Le courant nous emmène dans l’est avant qu’il ne devienne contraire au large des Minquiers.

Avec le vent qui monte à 18/20 noeuds et plus dans les surventes, la mer devient « compliquée » et le bateau difficile à barrer. Le spi décroche trop facilement et nécessite une attention de tous les instants.  Des équipiers au rappel nous manquent cruellement.

3 h 40 : Le phare de Corbière clignote, nous nous situons par le travers de Jersey. Il est difficile de « monter » à 130 ° du vent apparent à cause de trop fréquents départ au lof. Nous ne « faisons » pas la bouée Sud-ouest Minquiers, marque de parcours. Le vent est toujours  probablement de 18 / 20 nœuds d’Ouest. Difficile d’être précis du fait que nous ne disposons que de la donnée « vent apparent ».

Daniel et Christo se relaient à la barre depuis Guernesey.





A l’aube, nous identifions quelques voiliers proches. Un admiraler qui tient facilement son antique starcut, un grand ketch. Nous doublons de près « Yoalla » un Fauroux de 34 pieds qui surfe moins que nous. L’un des inusables Sigma 38 suit à 0.5 milles.

Finalement, le courant contraire portant au Nord-Ouest nous permet de passer la bouée Sud-ouest Minquiers.

J’apprendrais à l’arrivée que F-Y.Escoffier, en double sur son A35, a dû affaler le spi pour la passer. Le vent est toujours établi et, avec le vent qui s’oppose au courant, le bateau est régulièrement « balancé » par une mauvaise vague. Bien que concentré à la barre, il est difficile de ne pas partir au lof, même avec la grand-voile complètement débordée. De guerre lasse, nous choisissons de tomber sous la route.




Les approches de St Malo se précisent. A 0.5 mille de la bouée Vieux Banc Nord, nous affalons le spi et remontons la virer au largue.  Ce qui sera chose faite à 8 h 55 minutes 55 secondes.






Nous avons conscience d’être mal classé… Cela se confirmera.

Obtenir un bon classement est la somme de détails plus ou moins importants. Il est plus facile de perdre du temps que d’en gagner, les minutes perdues se cumulent et deviennent vite 1 heure de retard à l'arrivée.

Avec un voilier caréné il y a 1,5 mois (des algues vertes étaient visibles à la flottaison ), aucune carte, pas de positionnement correct, ni d’électronique précise, sans réelles options de navigations et à seulement 4 équipiers, il ne fallait pas rêver, les conditions n’étaient pas réunies pour régater sérieusement.

Ensuite, comme à l'habitude, c’est pliage des voiles, rangement, palabres avec les collègues, une heure de sommeil et une bavette à l’échalotte au Rad d’Aleth avant de repartir au près dans l’après-midi pour 100 milles vers Cherbourg.



 Un Cowes Dinard bien Tricolore !

21 juillet 2015

par Eric Basset

les 3 premiers du classement “Overall” avec NUTMEG SOLIDAIRE EN PELOTON le MC 34 de François Lognogné en grand vainqueur devant les deux Jpk 10.80, celui de Géry Trentesaux (COURRIER DU LÉON) et celui d’Eric Mordret et Arnaud Delamare (DREAM PEARLS) mené sur cette course par Christophe Bouffant, Gilles Louvigné et Christian Maby.


En IRC 2 les Français s’adjugent les quatre premières places avec le MC 34, suivi du Farr 30MOTIVÉ, du J 133 PINTIA (Gilles Fournier) et du J122 PEN AZEN (Daniel Collin). 

En IRC 3 on retrouve bien sûr en tête les deux Jpk 10.80, le podium étant complété par LET’S GO le Wasa 50 de Nils Boyer.

 En IRC 4 victoire britannique, il faut bien leur laisser quelque chose, mais brillante seconde place de MACAYA l’ILC 30 de Morgan Pinson. Comme trop souvent les concurrents Français brillaient par leur absence dans les grandes classes.


Ce fut un Cowes – Dinard très rapide. Les records scratch en multicoque et en monocoque sont tombés. À 22h00, alors qu’on dépassait à peine les Casquets, l’équipage de Léopard pouvait tranquillement s’installer en terrasse à Saint-Malo pour commander à dîner !


Une fois n’est pas coutume, pas de louvoyage, mais du spi ou du code zéro du début à la fin. Des conditions de rêve, un gentil médium d’Est avec un beau soleil pour rallier Guernesey, une petite zone de transition, puis la bascule à l’ouest avec un vent qui va monter assez vite pour s’établir autour de 23 / 25 nœuds avec des pointes jusqu’à 28 nœuds, nous offrant quelques jolis surfs et un trajet Guernesey / Saint-Malo en moins de 5 h pour un bon nombre de bateaux.

 Les amateurs de glissades ont été comblés ! Et en plus il ne faisait même pas froid !

Pour en revenir à la course elle-même, il semblerait que le choix stratégique se soit fait dès la sortie des Needles avec 2 écoles. L’une mené par Géry Trentesaux consistait à envoyer le spi de suite, quitte à plonger joyeusement sous la route en se positionnant résolument à l’ouest de la flotte afin de mieux profiter ensuite d’une adonnante annoncée en cours de journée, puis de la bascule à l’ouest. Il était suivi en cela par l’autre Jpk 10.80, le MC 34, le First 40.7 des Le Men entres autres. L’autre école, dont nous étions, privilégiait la route directe, donc à l’est de la flotte, afin d’arriver courant portant sur Guernesey à un moment où s’installerait vraisemblablement la zone de transition pétoleuse annoncée.

Manifestement les résultats ont donné raison aux tenants de l’ouest, ce qui est d’ailleurs un grand classique de Cowes – Dinard. Nul doute que les 2/3 heures de plus sous grand spi plutôt que sous code zéro en début de journée ont dû jouer un rôle.


En IRC 3 les Jpk 10.80 ont continué de dominer les débats comme ils le font depuis le début de la saison sur les courses du RORC. En IRC 2 le MC 34 a prouvé une fois de plus toute son efficacité , il termine premier en temps réel de la classe, alors qu’il avait l’un des plus petit, sinon le plus petit rating de la classe. Nous finissons second, la nuit de “surfs sauvages” avec le grand spi entre les Hanois et Buhara Ouest y est sans doute pour quelque chose… Dans ce type de conditions le Farr 30 est vraiment un bateau extraordinaire à condition d’arriver à le tenir debout ce qui n’est pas toujours facile …


Il a fallu se battre, mais quel plaisir ! Et heureusement que l’anémomètre à décidé de tomber en rade du côté des Hanois !


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 Classements du Championnat Manche en Équipages IRC-UNCL 2015 : IRC1, IRC2, IRC3,IRC4.


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 Classements du Championnat Manche en Double IRC-UNCL 2015

Éric Basset
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- Photo en introduction : Nutmeg Solidaire en Peloton - RORC/Paul Wyeth

- Vidéo : À bord de Botez Coat, le J109 d’Yves Dervieux - UNCL, Madeleine Sassy
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lundi 29 juin 2015

Chroniques du RORC Morgan Cup – 19-20 Juin 2015



 Hasard du calendrier, ou usure de l’équipage, c’est à quatre que nous abordons cette Morgan Cup qui nous mène de Cowes à St Peter via les Casquets et la côte Ouest de Guernesey Nous accueillons pour l’occasion Daniel, marin Granvillais, navigateur émérite, régatier aux mains propres...

                                                                                        Sébastien Delasnerie






















Le Dr. Feelgood (A 35) profite de l’occasion pour une cure d’amaigrissement drastique: quatre assiettes, quatre verres, cinq gilets, suffisamment de vivres pour arriver affamés, aucun élément de confort. Ainsi allégés nous nous arrachons une victoire aussi inhabituelle qu'inespérée à la régate locale du jeudi, avant une confortable traversée au travers sous un ciel de feu. 

Gros niveau en Classe 3 pour notre départ à l’Anglaise vers l’Est du Solent: en plus des énervés habituels, les califes du Fastnet viennent y faire leur qualifs: Night & Day, vainqueur 2013 toutes classes et Voador, vainqueur 2007 en double.




Vingt noeuds d’Ouest nous propulsent en short et sous spi sur la ligne du R.Y.S. à 19:00. Collés à Raging Bee coté Nord, nous ne pouvons que remarquer, dépités, que nos camarades s’envolent sur le bord opposé dans un vent plus soutenu. Nous sommes en queue de peloton, mais Daniel nous guide au plus court et au plus fort du courant en multipliant les empannages pour finalement recoller la troupe à No Man’s Land, avant de descendre plein Sud vers Bembridge.





Sous spi en mode allégé, nous rattrapons les premiers, puis affalons en dernier à bouée, profitant de ce dernier souffle pour voler trois longueurs à la meute compacte, qui bientôt s’écharpe au passage de West Princess A. Il est 21:00.






Une fois n’est pas coutume, c’est bien nous qui nous échappons dans le soleil couchant, exhibant notre tableau arrière aux cadors de la série qui n’en croient pas leurs yeux… 

Comme d’habitude, l’euphorie est de courte durée, le doute lui succédant à l’heure de traverser la Manche face au courant. Les J 109 et les grandes classes abattent déjà sous spi vers le Sud alors qu’un petit groupe mené par le JPK 10.80 Night & Day, les J 109 Voador et Diablo-J s’échine à faire de l’Ouest en direction de Ste Catherine. 

On demande un avis à notre iPad qui nous donne une route différente plus au sud par requête de routage. 







Notre navigateur à l’ancienne fait une moue dubitative, le match homme / machine ne fait que commencer… 

Daniel pense surtout aux Casquets et à l’heure de la renverse, il écarte la cuillère par le Sud et nous convainc de faire de l’Ouest sans nous précipiter comme des décérébrés à la poursuite d’écervelés… Ne voulant paraître ni l’un ni l’autre, nous continuons vers le soleil longtemps après qu’il ait disparu.


Petit à petit tout le monde abat et nous restons seuls avec Night& Day, Voador et Diablo-J au Nord d’une flotte qui file maintenant sous spi vers le Sud. Pouvons-nous avoir raison envers et contre tous? Dany s’en fout de la loi du nombre: c’est à l’Ouest que ça se joue, maintenant…

Seulement après avoir croisé Night & Day sous spi à 1:00, consent-il à admettre qu’on est un peu seuls dans notre option, même si c’est clairement la bonne. Profitant de ce rare instant de faiblesse inhabituel, on abat pour envoyer l’A5, Banzaï !  Ca file dans les 10 noeuds consentis par Eole et le courant qui nous dépale maintenant vers l’Ouest, on recolle la flotte peu à peu, même si on manque un peu de poids au rappel.



 Vers 4:30, il est évident que ça ne passe plus sous spi si on veut faire les Casquets. Damned, on aurait dû faire plus d’Ouest… Nous faisons un meilleur cap et plus de vitesse sous génois et n’avons qu’une vague idée de notre position sous cette petite lune, avant de retrouver nos Sirènes favorites sur leur Reflex 38 dans la rougeoyante lumière de l’aube.


Photo


Un petit contre-bord nous permet de passer les Casquets en compagnie de Diablo, Daniel place un waypoint au beau milieu de cailloux qu’on s’évertue à éviter depuis toujours à l’Ouest de Guernesey, puis va faire un somme histoire d’être alerte au milieu du champ de mine… 

En silence nous contemplons devant nous le groupe de tête qui disparaît dans la caillasse, et derrière nous les Casquets, où la renverse emporte avec elle nos poursuivants encalminés.

Photo


Nous renvoyons le spi aux Hanois en jouant des coudes avec Diablo. Sur la côte Sud de l’île nous rattrapons quelques bateaux au vent arrière, empannant au gré des têtes de roches dans un vent forcissant jusqu’à 20 noeuds. Un X-55, un Arcona 430 sont avalés avant le dernier virage, Diablo et Jelenko sous asymétrique sont distancés, et nous affalons devant Castle Cornet, les J sur les talons, juste avant le coup de trompe libérateur.


EPILOGUE: 

A couple de la flotte présente à St Peter, on prend conscience d’avoir un gros train de retard; mais à mesure qu’accostent les nouveaux arrivants, on mesure l’ampleur des dégâts dans les grandes classes encalminées à l’Est des Casquets.
Daniel avait donc raison, c’est bien à l’Ouest que ça se jouait, dix-huit heures avant l’arrivée ! Le Normand a finalement vaincu la machine, et se paye d’une bière fraîche retrouvée dans les fonds.

le JPK 10.80 Night & Day nous met un wagon, terminant 6° au général. Nous battons le J 109 Diablo sur l’eau mais pas au compensé, et finissons dans la même seconde que le J 109 Voador: 12° en Classe 3, et 38° sur 104 au général.


 Un peu rassurés, nous repartons vers Cherbourg pour une revue générale de la garde-robe et du fond de la glacière, pour arriver finalement à bout de ce presque jour le plus long en vue de notre rade, salués par les feux d’artifices.

Sébastien Delasnerie



Maintenant, je suis sidéré de voir comme l'électronique est peu étalonnée et donc ultra fantaisiste chez la plupart des plaisanciers et régatiers moyens, des polaires irréalistes, des vitesses optimistes, qui ne permettent pas d'utiliser le matos. 

C'est un peu comme les mecs qui débarquent avec un jeu de voile carbone en foirant la moitié des empannages et tactiquant à l'envers, qui se font déposer par des papis en trapanelle qui se glissent dans des cailloux a priori impossibles en passant des manoeuvres impeccables. 


Morgan Cup for our English friends (Yes, we have some, really)
It may be the summer calendar or because the crew is having enough offshore racing, but we’re only four at the start of this Morgan Cup, 125 nautical miles from Cowes to St Peter via the Casquets rocks, and the rockier coast west of Guernsey.
Our skimpy crew was re-inforced on this occasion by Daniel, a Granville sailor known for his rock addiction and old school navigation tricks. Dr. Feelgood was throughly emptied, leaving only four plates, four glasses, five life jackets, just enough food to starve in St Peter and none of the usual comfort treats.
It wasn’t in vain this time: our lighter mode helped scoring first place at the local Thursday Cherbourg Championship, which celebration further reduces booze weight before the crossing.
As usual, the Class Three is fiercely competitive : the Sunfast are in the Azores, but the usual suspects are complemented by Fastnet rock stars, including 2013 overall winner Night & Day, and 2007 double-handed winner Voador.
At 19.10 BST, twenty knots of westerly breeze push us over the line towards the East Solent. Sticking to Raging Bee on the northerly option, we witness powerless our south side competitors fly away in stronger pressure.
We already are on the back foot in pursuit of our Class, but Daniel keeps us gybing in the stronger tide to finally catch the fleet at No Man’s Land, the roller coaster has begun.
The light boat and crew make us a bit faster and bolder under spinnaker, and a late drop gives us a 3 boat length advantage from the compact group that already fights loudly for room at West Princessa.
For once, we are the lonesome boat escaping in the sunset.
Euphoria is its usual short on board, replaced by doubt as we contemplate crossing the Channel against the tide towards the Casquets rocks. The J/109 and bigger boats are already trucking south under spinnaker while a small group led by Night & Day, Voador and Diablo keep going west towards St Catherine.
We ask our iPad for routing, it’s not really sure. Our navigator looks at the screen with contempt : the game is clearly on between the man and the machine.
Daniel thinks about the foul tide we’ll get at the Casquets in the weak morning breeze, and convinces us to go west as much as we can while we have wind, and forget chasing the brainless fleet of J’s .
No-one wants to be brainless, and we keep chasing the sun, long after it disappears in the horizon, while one by one our competitors bear away, to the notable exception of Diablo, Voador and Nigh & Day.
Can we be right against everyone? Do those guys really know anything at all? Dan cares little about the majority’s choice: numbers don’t lie, and we need to keep going further west…
Only after crossing Night & Day under Code Zero at 1:00 am does he concede that we’re possibly a bit lonely in our option. Taking advantage of this unusual weakness, we hoist the A5 and bear-away in hot pursuit of the fleet and send him to bed.
Our crew of four is too light for power reaching, but the ten knots of wind and some favourable tide somehow bring us back to the fleet. At 4:30, we change the A5 for the Genoa in order to make the Casquets… Damned, not enough west? Really?
We are higher and faster now, with little idea of the opponents around us in a pitch black night and a faulty AIS. Finally at dawn, we discover our elusive and beloved Syrens close by, and decide to chase them once again.
A short tack to clear the Casquets places us between Diablo and the Syrens. All is well in the world when Daniel puts a waypoint right in the middle of the Guernsey rocks we’ve been carefully avoiding for the past 10 years, invoking some vague counter-current to loose our companions…
In silence, we bear away from them looking at the leaders who are now disappearing in the rocks ahead, while behind us the fleet is washed away behind Casquets by the mercyless tide and a windless patch.
Our navigator guides us into the mine field with a metronomous timing and precision: “0.6 miles on 240°”, “Concentrate on the helm!”, “Tacking in 5, 4, 3, 2 1, now…”
It’s exciting and a bit unsettling at the same time, like chatting a slightly psychotic girl home in the middle of the night. The game lasts a good hour before we exit the rocky labyrinth. Alas, the Syrens have escaped us again, leaving Diablo in their wake for us to play with. Thanks girls…
We fight neck to neck all the way to Hanois, where our spinnakers come up simultaneously. The westerly breeze picks up to 20 knots and we gybe through the South rocky patches catching-up more boats on the way including Lutine, the X-55, Arcona 430, and the J-Boats under asymetrical.
Dr. Feelgood keeps close to the shore, flying the Mighty Rastafari all the way up to Castle Cornet, dropping only a few boat length from the line and its liberating horn, after 20 hours 24 minutes of racing.
Epilogue.
Rafting up to the other boats in St Peter, we realise just how bad we’re doing in our class: we’ll be lucky if we make the first half in corrected time. But as boats keep coming in, we realise the damage is even bigger in the Class 1 and 2 that got stuck in foul tide at the Casquets.
West was best indeed, although our group of early adopters had mixed results : Night & Day scores an impressive 6th overall, we beat Diablo on the water but not on corrected, and finish in the same second than Voador (who clearly had a bad day): 12th in Class over 27, and 38th overall with 105 starters.


We are still making the first third of the fleet overall. Slightly re-assured with our result, we decide to skip dinner at Le petit Bistro and sail back to Cherbourg, while going thoroughly and simultaneously through the beer locker and the entire spinnaker wardrobe.