lundi 12 juin 2017

TRESCO TROPHEE 2017 :Trois manches, trois victoires !

MERCI PONTOS :

"Nous gagnons le TRESCO TROPHEE 2017 grâce à nos winchs Pontos (modèle Trimmer) !

En effet, nous estimons gagner entre 10 et 20 secondes sur chaque virement de bord par rapport à nos winchs précédents. Jamais plus notre vitesse ne "tombe" à moins de 4 nœuds en sortie de virement et même, souvent 4.5 à 4.7 noeuds !

Compte tenu des faibles écarts à l'arrivée, avec 34 virements de bords effectués durant la seule première étape entre Morlaix et Guernesey, le temps gagné se chiffre  entre 5 et 10 minutes soit la différence entre la première et la troisième place." 

Témoignage de Jan Legallet et Daniel Bonnefoy sur le Sun Odyssey 40 "KARIBARIO"




EQUIPAGE :


Barre et stratégie : Jan Legallet

Tactique et navigation  : Daniel Bonnefoy

Embraque et réglages : Maxime Cheron et Baba

Piano et pliage du spi : Jacques Chaignon 

Grand-voile : Philippe Nadjar

N°2 :  Jacques Lemains 

N°1 : Florent Delacourt







 MORLAIX / GUERNESEY

92 voiliers au départ,
79 milles au près,
34 virements de bord,
Temps de course: 13 h 59 mn.

CLASSEMENT:

1  Sun Odyssey 40 : "Karibario ": Temps réel 13 h 59 mn Temps compensé : 12 h 30 mn

2  JPK 10.8 m "Glaz": Temps réel 13 h 11 mn Temps compensé : 12 h 33 mn

3  J 111 : " J4F ": Temps réel 13 h 10 mn Temps compensé : 12 h 52 mn

4  JPK 9.6 m "Cavok": Temps réel 14 h 20 mn Temps compensé : 12 h 53 mn

5  Grand Soleil 39 "Clezio": Temps réel 13 h 57 mn Temps compensé : 13 h 00 mn

6  XP 38   "M.Kervran ": Temps réel 13 h 19 mn Temps compensé : 13 h 06 mn

7  J 122  "...": Temps réel 13 h 23 mn Temps compensé : 13 h 10 mn


LE POINT DE VUE DU NAVIGATEUR:

Cette route est typique d'un exercice du Cours de navigation des Glénans des années 70. 

Avec une situation anticyclonique établie depuis quelques jours, la situation météo est compliquée. Nos fichiers vent Arôme nous indiquent du vent de 10 à 14 noeuds au 60°  adonnant jusqu'au 88° et fraichissant à l'approche de Guernesey. En outre, le départ est donné à contre-courant durant 4 à 5 heures alors que le coefficient est de 88.

Dilemne: 
Faut il laisser les Sept-Iles dans l'ouest en louvoyant de nuit au ras des cailloux de Trégastel et de Ploumanach?  
Ou bien traverser dans le fort du courant entre les Sept iles et les Triagoz en faisant une route directe vers l'ouest de Guernesey?  
La majorité des navigateurs n'envisagent que la première solution.

Dans la "grande" classe, nous avons du beau monde. A commencer par Armel Le Cléach sur l'XP 38 "Maisons Kervran" mais aussi des  J 111 et J 122,plusieurs JPK 9.6 et 10.80, des Grand Soleil et un X 43 plus une dizaine de second couteau du type Sélection ou JOD 35.





Meilleur cap, même vitesse pour le Sun Odyssey 40 !


Le départ à "l'anglaise" est donné à 19 h avec une jolie brise de 18 à 20 nœuds fraichissant à 23 après le château du Taureau. Bien partis dans une force de vent qu'affectionne notre Sun Odyssey 40, avec 7 équipiers au rappel,  le XP 38 et le X 43 "Scillonia" n'arrivent pas à nous passer au vent. A la bouée Stolvezen , nous partons bâbord amure dans un clapot cassant comme la majorité de la flotte en direction des roches de Primel. Cela nous surprend un peu de voir le "régional de l'étape " Le Cléach  tirer un bord plus vers le large.

Notre Sun Odyssey 40 affectionne le louvoyage avec 20 noeuds de vent. Nous évaluons les routes des uns et des autres ; les voiles rouges du XP 38 mais aussi, celles de "Glaz" un JPK 10.8 m redoutable. Armel Le Cléach est dans ses eaux. Nous aimerions le suivre mais il s'obstine à rester derrière nous, malgré son "gros" rating.



Après deux heures de régate, le XP 38 et le JPK 9.6 m toujours derrière.

Après les "Chaises de Primel", le vent mollit sérieusement, jusqu'à 8/10 noeuds. Nous souffrons dans ces conditions. 
Au gré des refusantes*, nous tirons des bords en jonglant avec quelques cailloux. En allant à terre, Le Cléach a trouvé une bande de vent et peut-être un même un contre-courant . Rapidement, il nous rattrape, puis nous double alors que la pénombre s'installe.








A la nuit tombée, nous louvoyons jusqu'à la bouée "Barr-ar-gall dans les roches du nord-ouest de l'Ile Grande, du côté de Trébeurden. Nous approchons du plateau rocheux des Elpeyo où j'ai l'intention de rester à l'abri du courant principal durant un mille. 

Malheureusement, au moment de virer, le feu rouge d'un voilier prioritaire qui s'obstine à rester à notre vent légèrement derrière nous nous en empêche.




                                                                Jacques et sa tablette...

Depuis un moment, le navigateur que je suis ruminais l'idée de faire un cap au nord en route directe vers Guernesey en passant en plein courant contraire entre les Triagoz et les Sept-Iles.

En effet, depuis le départ, la direction du vent est de 20 à 30 ° plus à droite que ce qu'indique nos champs de vent (Arôme) . Si cela se confirme, nous serons proche de la route directe lorsque que le courant se renversera vers le sud-est à 2 h du matin. 

Dans le cas contraire, nous tirerons quelques milles bâbord dans le sud de Guernesey au plus fort du courant. Le pari vaut d'être risqué et je n'ai aucune difficulté à convaincre notre skipper.

Il est minuit, si le vent de 10 à 12 nœuds au 90° tient,  nous devrions passer à deux milles de l'est des Sept-Iles.

Dans la nuit noire, nous nous engageons dans la veine de courant principale portant à l'ouest ( 2,5 nds ). Un voilier à notre vent nous gène, nous sommes dans ses "fumées". Nous faisons l'erreur de virer pour nous en dégager. La trace sur Maxsea est catastrophique.

A l'ouest des Sept-Iles, le courant est faible. Heureusement, car le vent tombe autour de 5 / 6 nœuds, toujours de l'est, voire de l'est sud-est (105 °). Notre route fond devient franchement nord-ouest avec une dérive de 45 °.

Heureusement, en le surveillant à l'AIS, nous constatons que notre concurrent le plus dangereux, le JPK 10.8 Glaz , n'est pas au mieux du côté de Mean Ruz. Il fait route contre le courant vers les Dervinis à 2,5 nœuds sur le fond !  Vers une heure du matin notre écart atteindra 10 milles !

Un feu de poupe nous précède et s'éloigne dans la nuit; nous supposons qu'il s'agit de "Sinequanon" une sorte de Class 40. Le vent revient enfin vers le 100 / 105° à une dizaine de nœuds, puis de 12 à 14.

Les six équipiers au rappel dans les filières s'ennuient un peu ; de temps à autre, une rare vague se charge de les réveiller. Le navigateur et le barreur surveillent leurs 6 cadrans en permanence, à l'affut de la  moindre modification: vitesse , anémomètre,  cap, route fond, vitesse fond, route vraie, vitesse et direction du courant. Les yeux balaient alternativement les cadrans rouges.


cadran de gauche, direction et vitesse du courant ( en bas, cadran de gauche).
cadran de droite, cap compas et direction du vent.

La visibilité est excellente dans cette nuit sans lune, la voie lactée illumine le ciel ; une étoile filante disparaît de temps à autre, la Grande Ourse et Cassiopée sont devant nous. Au loin, sans doute à 4 à 5 milles sur notre arrière tribord, nous identifions 5 feux de voiliers. Le phare de Roches Douvres clignote dans l'est.

Le courant commence à diminuer et tourner par le sud ; la renverse est proche. A la barre, Jan fulmine. Depuis deux heures, il n'arrive plus à dépasser les 6 nœuds avec les 12 nœuds de vent que nous avons régulièrement. Il décide: 
"On fait une marche arrière"

Florian et Philippe enroulent le génois et les  7 équipiers disponibles, debouts sur le roof,  poussent sur la bôme afin d'arrêter puis faire reculer les 8 tonnes de notre voilier.

Nous reprenons notre route mais à 6,5 / 6,7 nœuds cette fois. Manifestement, les algues qui nous freinaient ont disparu.
Le courant s'inverse progressivement vers le sud-est.
Curieusement, sa rotation s'effectue par le sud, alors que les cartes de courant indiquent une rotation dans le sens des aiguilles d'une montre !

Comme notre "fichier vent" l'indique, le vent fraichît  de 1 à 3 nœuds jusqu'autour de 15 noeuds, en refusant au 80° toutefois. Grâce à l'inversion du courant, notre route fond reste correcte. A 11 milles dans le sud-ouest des Hanois, afin de nous recentrer vers la flotte, nous profitons d'une refusante relative pour renvoyer bâbord amure  durant deux milles dans la veine de courant principale. Nous revirons tribord amure 20 mn après alors que l'horizon s'éclaircit dans l'est.







Une heure plus tard, à l'aube, nous profitons d'un nouveau refus pour nous recentrer vers les voiles que nous devinons maintenant dans l'est. Un mille plus loin, nous croisons devant un premier voilier que nous identifions comme étant le JPK 9.6 m "Cavok". Nous virons sous son vent. Progressivement, nous le "sortons" puis l'écart grandit ( 30 minutes à l'arrivée).




Copier le lien suivant pour visionner notre 30 ième virement de bord

https://youtu.be/pc--HIFdUhY



Le jour se lève, la pointe St Martin est en vue. 
L'équipage passe de longues minutes à identifier les quelques voiles au loin à notre vent. Il y a là bas, probablement le J 111, le XP 38, Sinequanon, l'X 43 Scillonia, un ou deux JPK 10.8 m. Plusieurs d'entre eux nous doivent 5 mn par heure. Avec notre petit rating, nous commençons à imaginer que "cela sent bon" mais nous n'oublions pas que "c'est après la foire que l'on compte les bouses".

Bien nous en a pris car, comme le redoutait Jan, un "tampon" important nous attend juste après la pointe St Martin. Notre vitesse chute à 2 / 3 noeuds et nous contraint à virer une 33 ième fois vers l'est à la recherche des risées que nous apercevons à un demi mille.

Après avoir souffert durant les deux derniers milles, nous franchissons la ligne d'arrivée située dans l'est de Castle Cornet après 13 h 59 minutes et 44 secondes de course, 34 virements et  en temps réel à moins de 45 minutes des voiliers les plus rapides.

Petit rating de la grande classe nous gagnons avec seulement 3 mn d'avance sur le JPK 10.80. A noter que si nous avions été le "gros" rating des flammes blanches, nous aurions aussi gagné devant le Dehler 33 de notre ami François Charles...











GUERNESEY /PERROS GUIRREC 
52 milles
Coefficient 107
Seulement 20 à 25 voiliers classés.
7ième en temps réel, 1ier en temps compensé.


LE POINT DE VUE DU NAVIGATEUR:

Nos fichiers vent Arôme nous indiquent du vent de 20 à 25 noeuds de sud-ouest au départ  adonnant en mollissant dans la matinée. En outre, le départ est donné à contre-courant durant 3 heures alors que le coefficient est de 107, qui peut occasionner des courants de 5 noeuds du coté de Roche-Douvres! Le choix de route me semble évident, faire de l'ouest contre le courant le long de la côte, puis plonger vers le sud sur le bord rapprochant à hauteur des Hanois .


La météo peu engageante n'incite pas les voiliers à sortir de la marina de St Peter. Sur la ligne de départ, sous le Castle Cornet, dans le Petit Russel, les rafales dépassent 25 nœuds.







Nous imaginons que le vent de sud-ouest établi sera de 25 nœuds voire 30 une fois passé l'abri de la Pointe St Martin. Aussi, nous décidons de sortir l'une de nos armes secrètes: la trinquette sur étai volant.

Les départs des petites classes s'enchainent toutes les huit minutes et, sur la plage avant, Baba, Florent et Jacques rencontrent des difficultés pour la gréer. Le temps s'écoule. Au signal préparatoire de notre classe,  la trinquette est enfin envoyée mais une écoute n'est pas passée dans le bon filoir. Le  coup de canon donné, nous sommes loin de la ligne que nous franchissons avec près de deux minutes de retard..

Etonnamment, sous-toilés sous deux ris et trinquette, notre vitesse reste excellente autour de 6,5 nœuds avec 20 nœuds de vent et des claques à 28. Devant nous, l'un des Sun Fast 36 démâte. Le Cléach sur l'XP 38 est, lui aussi, parti en retard et nous remonte facilement en longeant la côte à l'abri du courant contraire.






Nous larguons nos ris devant la balise Longue Pierre, le vent étant finalement établi à seulement 20 / 22 nœuds. Comme beaucoup, nous allons tirer des bords courts dans les cailloux de Jerbourg jusqu'à la pointe de la Moye.

Sur les hauts fonds de Icart bay, la mer est cassante. Au gré des virements, nous croisons le Delph 32 et son grand génois; la plupart des "bons" bateaux de notre flotte sont devant nous, certains assez loin.

Comme nous l'avions prévu, nous virons cap vers le sud, à hauteur de la Pleinmont tower. Dans la grande classe, seul le Cléach  a choisi de "monter" aussi haut dans l'ouest. En effet, le courant faiblit à l'approche de la renverse. Il n'est pas fréquent de régater avec un  coefficient de marée de 107 et il nous faut anticiper des vitesses de courant de 4 à 5 noeuds portant vers le sud-est dans un vent mollissant.

Comme c'était prévu par les prévisions météo, ( Arôme, Windguru, Windfinder) , deux heures plus tard, le vent faiblit à une quinzaine de nœuds et adonne. . Nous faisons maintenant une route directe vers Perros Guirrec alors que nous passons à 4 milles dans l'ouest du phare  des Roches Douvres. Revenu du diable vauvert dans l'est, l'X 43, Scillonia nous rattrape. Le XP 38 et le Rubin 41 sont devant nous à 1/2 mille. Derrière nous, le JPK 9.6 m envoie son code O. Il nous rattrape puis nous "dépose ". C'en est trop pour Jan qui décide d'envoyer notre petit spi. Nous le doublons à notre tour puis finalement, après avoir parcouru un mille trop près du vent, nous continuons au "reaching" sous génois et "barber".

Deux milles plus tard, nous envoyons notre grand spi et le navigateur s'intéresse de près à l'heure de la renverse des courants vers l'est. Nous avons une heure de marge. 

Encore faut il que le vent "tienne" jusqu'à l'arrivée. 


Déjà, nous savons que ce sera difficile pour tous ceux qui n'ont pas fait d'ouest au départ et pour les "petits".  L'ile Tomé se rapproche alors que le vent mollit de plus en plus, nous apercevons les premiers spi qui approchent de la ligne d'arrivée.

De fait, seulement une vingtaine de voiliers franchiront la ligne d'arrivée, certains dans la nuit...





PERROS GUIRREC / BAIE DE MORLAIX 
28 milles
Vent de secteur Est faible.
1ier en temps compensé.


LE POINT DE VUE DU NAVIGATEUR:

Le temps est orageux et le vent nul lors des premiers départs donnés sous la pluie. C'est la course de tous les dangers pour notre croiseur qui n'aime pas le vent de moins de 8 noeuds. D'autant plus que la totalité de la course se fera au portant.




Après un départ au près, sans pluie, avec seulement de 3 à 5 nœuds de vent, nous nous extirpons de la baie de Perros en direction de Mean Ruz où nous envoyons le spi...

Impuissants, nous apercevons les spis de nos adversaires les plus légers s'éloigner. Tant bien que mal, nous restons devant le JPK 9.6 m. Loin devant, le XP 38 et le J 111 ont choisi le large alors que le vent adonne de 20 à 30° en fraichissant.  A la bouée Stolvezen, nous accélérons franchement et apercevons les premiers encalminés après avoir passé le château du Taureau.



Nous les apercevons grossir à vue d'oeil alors que notre groupe de voiliers arrive à 7 noeuds au reaching.  Cela "rigole" pour nous.  Grâce à cette risée salvatrice, nous gagnerons de nouveau en temps compensé, ce qui était tout à fait inespéré dans ces conditions de vent.


Trois manches, trois victoires, plus le général, nous n'en espérions pas tant !






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