mardi 11 août 2015

Il y a 50 ans...1975 St Malo - Capetown sur Bob IV


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IL Y A CINQUANTE ANS, je naviguais dans l’Atlantique Sud…

Nous n’avions à bord, ni GPS, ni pilote, aucune communication avec la terre pratiquions la couchette chaude avec 5 couchettes pour 7, pas de douche, ni de WC...  Huit jours avant le départ aucun d’entre nous ne se connaissait 

et le capitaine avait 17 ans...


En octobre 1975, la seconde course transocéanique

 après la Whitbread de 1973 

était organisée par la Société Nautique de St Malo : 

le TRIANGLE ATLANTIQUE.

Ce triangle reliait St Malo -  Capetown - Rio de Janeiro - Portsmouth avec une escale obligatoire de 72 h à Ténérife.

La durée de chacune des trois étapes était d'environ 60 jours pour le Bob IV ( 30 jours pour Pen Duick VI)

Y participaient : Pen Duick VI, Katsou, 33 Export, Postulat, British Soldier, un Gin Fizz , Pristis III, Guïa (coulé par un orque au large du Brésil) et quelques autres.







Fin octobre 1975  au départ de Ténérife 

Franck  Escoffier
André Gentil
Térénia Autin
Daniel Bonnefoy
Lionel Péan
Alain Issalis
Jean-Jacques Masson






 

« Le vingt-cinq octobre 1975 partait de Saint-Malo le Triangle Atlantique alias Coupe Gauloises, première grande course au large organisée par la France dans le sillage de la première Whitbread, course autour du monde anglaise en équipage. «  

Dans cette épreuve, quatorze voiliers sont inscrits dont Pen Duick VI d'Eric Tabarly ou encore Katsou de Philippe Facque. Mais il y a aussi des Italiens, un Belge, un Sud-Africain et des Anglais…

 

Cette navigation emmenait les concurrents à Cape Town (Afrique du Sud) via un pit stop de trois jours aux Canaries. Ce pour participer à la célèbre transat Le Cap/Rio. Mais le Triangle Atlantique ne se terminait pas là, ayant à son parcours une remontée de Rio de Janeiro à Portsmouth.

 

Si l'épreuve fut âprement disputée, deux bateaux malouins retiendront plus notre attention : le 13 m en aluminium Pristis III dessiné par Georges Auzepy-Brenneur et skippé par Patrick Raub à bord duquel j'étais ; et le ketch de 14 m en bois Bob IV sur plan Cornu avec pour capitaine le jeune (17 ans) Franck-Yves Escoffier. Et un certain Lionel Péan… pour équipier."  François Seguin












Franck-Yves Escoffier (sic) :
"… je n'aimais pas l'école, j'avais vraiment envie de naviguer. J'ai donc d'abord commencé par chercher un embarquement. A l'écoute de mes desideratas mes parents se sont donné une nuit de réflexion et à son issue, m'ont fait une incroyable proposition : on n'a pas les subsides pour te financer mais on veut bien te prêter notre bateau. Ce six petits mois avant le départ. Je n'avais pas d'équipage ! Je passe alors une annonce dans Ouest-France et ça marche. Mais il y avait des contraintes et pas des moindres, il fallait casser sa tirelire et partager les frais de bord. Terenia Autin, Daniel Bonnefoy, Alain Isalis, André Gentil, Lionel Péan… vont rejoindre ce qui allait devenir une véritable épopée. Partir pour une navigation de 17 000 milles (31500 km) de 7 mois sans se connaitre ! Qui plus est avec un voilier en bois pas tout jeune. Je me souviens que le mot "inconscient" a beaucoup traîné sur les pontons à l'époque."



























Du prés, du prés... 19 jours bâbord amure



















































































Noël 1975




27 décembre 1975






Capetown devant à 180 milles





Ondine





Départ de Le Cap /Rio 1976

Au premier plan, Pristis III






33 Export


Pen Duick VI



Une dizaine d'années après...


Première croisière St Malo / Camaret de futurs marins:

 Kévin, Loïc, Cédric et Marine...












Il y a a cinquante ans !
"Vingt-cinq octobre 1975 partait de Saint-Malo le Triangle Atlantique alias Coupe Gauloises, première grande course au large organisée par la France dans le sillage de la première Whitbread, course autour du monde anglaise en équipage. Une épreuve gérée par la Snbsm sous la houlette de son président de l'époque Yannick Jardin qui l'a initiée et a su trouver son financement auprès de la Seita et de la ville de Saint-Malo.
Dans cette épreuve, quatorze voiliers sont inscrits dont Pen Duick VI d'Eric Tabarly ou encore Katsou de Philippe Facque. Mais il y a aussi des Italiens, un Belge, un Sud-Africain et des Anglais… Cette navigation emmenait les concurrents à Cape Town (Afrique du Sud) via un pit stop de trois jours aux Canaries. Ce pour participer à la célèbre transat Le Cap/Rio. Mais le Triangle Atlantique ne se terminait pas là, ayant à son parcours une remontée de Rio de Janeiro à Portsmouth.
Si l'épreuve fut âprement disputée, deux bateaux malouins retiendront plus notre attention : le 13 m en aluminium Pristis III dessiné par Georges Auzepy-Brenneur et skippé par Patrick Raub à bord duquel j'étais ; et le ketch de 14 m en bois Bob IV sur plan Cornu avec pour capitaine le jeune (18 ans) Franck-Yves Escoffier. Et un certain Lionel Péan… pour équipier.

Des histoires rocambolesques…

Pour Pristis III, un coup de téléphone reçu au bar du Yacht Club transmis à Fanch Seguin va tout déclencher. Le nouveau propriétaire du Pristis III cherche un équipage pour convoyer le bateau en Méditerranée. Séduit par cette opportunité de navigation sur un coursier, Fanch se rend à Granville en pleine saison hivernale. Il s'aperçoit vite que le bateau n'est pas vraiment préparé pour cette grande boucle autour de l'Europe. Il convainc alors le propriétaire de faire demi-tour vers Saint-Malo pour y véritablement préparer le bateau. Fanch croise alors Patrick Raub. Après quelques verres au bar de la Snbsm, nait l'idée de se concocter un équipage ad hoc pour ledit convoyage. En quelques jours Dominique Laigneau rencontré au bar du Club est arraché à son boulot et l'équipier déjà à bord confirme sa présence. Le propriétaire accepte le deal.

Le convoyage après une escale à Gibraltar se passe plutôt bien et révèle que Pristis serait un bon cavalier pour le Triangle Atlantique. Un démâtage au large de Carthagène va paradoxalement changer toute la donne. Remâté avec des voiles neuves, il devenait alors une véritable opportunité. Mais il fallait quand même un gros budget pour prétendre le mettre sur la ligne de départ, chose que personne n'a. Qu'importe, un branle bas de combat est mis en place à la Snbsm pour réunir le budget par des soirées "caritatives" et l'accompagnement des jeunes fous auprès du sponsor de l'épreuve la Seita. Et ca va marcher ! Pristis sera au départ grâce à une immense chaine de solidarité.

Quant à Bob IV, il s'inscrira plus tardivement avec une démarche tout autant rocambolesque ! Franck-Yves Escoffier sic : "… je n'aimais pas l'école, j'avais vraiment envie de naviguer. J'ai donc d'abord commencé par chercher un embarquement. A l'écoute de mes desideratas mes parents se sont donné une nuit de réflexion et à son issue, m'ont fait une incroyable proposition : on n'a pas les subsides pour te financer mais on veut bien te prêter notre bateau. Ce six petits mois avant le départ. Je n'avais pas d'équipage ! Je passe alors une annonce dans Ouest-France et ça marche. Mais il y avait des contraintes et pas des moindres, il fallait casser sa tirelire et partager les frais de bord. Terenia Autin, Daniel Bonnefoy, Alain Isalis, André Gentil, Lionel Péan… vont rejoindre ce qui allait devenir une véritable épopée. Partir pour une navigation de 17 000 milles (31500 km) de 7 mois sans se connaitre ! Qui plus est avec un voilier en bois pas tout jeune. Je me souviens que le mot "inconscient" a beaucoup traîné sur les pontons à l'époque."

Une véritable odyssée

Résumer en quelques lignes 7 mois d'aventure océanique et 17000 milles (32000 km) est pratiquement une gageure ! Nous vous laissons joint le récit de cette épopée où vous pourrez piocher. Mais on retiendra quand même quelques donnes pour le moins extraordinaires. Pristis se fera piéger lors de la 1re étape dans l'anticyclone de Sainte-Hélène car sans radio et sans bulletin météo ; et mettra 70 jours à rejoindre Cape Town un mois après Pen Duick VI ! On les a cru un moment perdus en mer. Et Bob IV, malgré un bateau peu éprouvé pour le grand large et de nombreuses avaries techniques, sera à l'arrivée de toutes les manches infirmant tous les doutes à son égard au départ !
Le Brésil restera une escale magique où tous les concurrents du Triangle Atlantique afficheront de bonnes places en handicap dont Pristis qui s'offrira une belle 5e place devant Pen Duick VI 7eme!
La remontée vers Portsmouth de 7000 milles (13 000 km) sera quelque peu insidieuse avec une navigation contre courants et vents dominants, que ce soit pour Pristis ou Bob IV. Il fallut inscrire pas moins de 40 jours pour Pristis et son équipage : Patrick Raub Jean-Yves Bernot, Dominique Laigneau, François Seminel, Christian Le Texier et François Seguin. Pendant cette remontée nous apprendrons aussi que le concurrent italien Guia III avait été coulé par des orques ! Par son arrivée précoce, une belle navigation adaptée à son puissant destrier Pen Duick VI, Eric Tabarly enlevait le classement général devant Katsou." François Seguin

Classement général du Triangle Atlantique 1975/76
1er Pen Duick VI/ Eric Tabarly, 2e Katsou/Philippe Facque, 3e Kervilor/Bob Girardin, 4e Grand-Louis/Jimmy Viant, 5e Colombe/Philippe Hanin, 6e British Steel/Robert James, 7e Postulat/Philippe Bougouin & Jacques Kreitman, 8e Namar V/E. Guzetti, 9e Bob IV/Franck-Yves Escoffier, 10e Pristis III/Patrick Raub, 11e Tat Express/Daniel Millet. (Phoenix et Guia III non classés pour abandon sur avarie technique ou naufrage).





En 1975, joliment relaté par André Gentil, dans son excellent livre de 
mer, « Par les trois caps, t’es pas cap » :

  1. « Après 60 jours de mer, nous remontions de Rio de Janeiro vers Portsmouth, dernière étape du Triangle atlantique. L’anticyclone nous avait joué des mauvais tours et fait prendre du retard au point de nous rationner en eau et nourriture. 

  2. Nous entrâmes en Manche par une épaisse brume. Le petit temps s’installa durablement. La brume durait depuis trois jours et notre point astro vieillissait mal. La gonio reprit du service, les instructions nautiques furent épluchées jusque dans les moindres détails. C’est de l’ouïe que vint la délivrance. Deux sons de corne toutes les trente secondes. C’était bien elle.

  3. Nous étions à quelques milles de la pointe Ste Catherine au sud de l’île de Wight. Le son de la corne était désormais sur notre arrière bâbord. Nous nous tenions tous les sept sur le pont, silencieux, recueillis. 

  4. Des remous inquiétant firent monter la tension d’un cran.
  5. -On est dans la roche…Très près de la côte.
  6. -Chut. Taisez vous ! J’entends une voiture.
  7. Debout au pied du mat, Térénia murmura, incrédule :
  8. -Regardez, des vaches.
  9. -Où ça 
  10. -Là haut.
  11. -Regardez là haut sur la colline, entre les bouchons de brume.
  12. -Elles volent ?
  13. -Non, elles broutent. Oh, nom de Dieu, des vaches !
  14. Imaginez la scène, sept navigateurs hirsutes, à faire peur, apercevant des vaches sur les flancs verdoyants de l’île de Wight après cinquante-sept jours de mer ! »

  15. A l’époque, le rôle du navigateur était primordial. La navigation se faisait exclusivement à l’estime et c’était agir en bon marin que, dans la boucaille, et même en course, on abatte pour reconnaître une bouée ou une cote afin de conforter l’estime.
  16.  
  17. C’était un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître…

  18. Ils ne jouiront jamais de la satisfaction qu’apportait la découverte du point d’atterrissage espéré qui succédait à des heures de doute. Le navigateur pouvait enfin se la jouer modeste alors qu’il distillait à l’équipage depuis de heures, voire des jours, des positions dont il doutait…

  19. On le constate, en dehors de la radio-gonio, aide toute relative, aucun progrès n’avait été effectué depuis des centaines d’années. On comprend mieux les centaines d’échouages de grands voiliers sur les cotes de Bretagne et de Cornouailles.

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dimanche 19 juillet 2015

RORC : COWES / DINARD 2015

RORC : Duke of York /Le Rad d’Aleth – 10-11 Juillet 2015


« Ce fut un Cowes – Dinard très rapide. Les records scratch en multicoque et en monocoque sont tombés. À 22h00, alors qu’on dépassait à peine les Casquets, l’équipage de Léopard pouvait tranquillement s’installer en terrasse à Saint-Malo pour commander à dîner !


Une fois n’est pas coutume, pas de louvoyage, mais du spi ou du code zéro du début à la fin. 

Des conditions de rêve, un gentil médium d’Est avec un beau soleil pour rallier Guernesey, une petite zone de transition, puis la bascule à l’ouest avec un vent qui va monter assez vite pour s’établir autour de 23 / 25 nœuds avec des pointes jusqu’à 28 nœuds, nous offrant quelques jolis surfs et un trajet Guernesey / Saint-Malo en moins de 5 h pour un bon nombre de bateaux. 

Les amateurs de glissades ont été comblés ! Et en plus il ne faisait même pas froid ! »    E.Basset









Après un départ « à l’arrache » de Cherbourg la veille sur le coup de 1 h du matin, c’est toujours à quatre que nous abordons cette mythique et traditionnelle course de Cowes à Dinard/St Malo via les Casquets (première édition en 1905 !).

Une fois n’est pas coutume, Sébastien a préféré les joies d’un déménagement sous une chaleur indécente aux charmes du Solent… Remplacé avantageusement ou pas, c’est selon, par Christo qui lui, arrivait directement d’Athènes…

Après un solide English breakfast au Duke of York, c’est avec des ambitions modestes que Christophe, Nicolas, Nikitas et Daniel  de Dr Feelgood s’aligne, sous le soleil matinal, devant les canons du Royal Yacht Squadron…






 




9 h10 : Cela devient une habitude, nous prenons le départ à l’endroit où le vent s’évanouit… en milieu de ligne sous spi asymétrique avec 10/12 noeuds d’Est Sud-Est. Cela passe le long du Squadron et à droite, pas au milieu…







Devant Yarmouth, nous anticipons bien le refus que nous apercevons à hauteur des forts mais sommes surement montés trop au vent en sortant de la veine de courant principale.









12h : Sous les falaises, avant les Needles, le vent est irrégulier, les claques nombreuses. 14/16 noeuds d’Est sud-est. CC 210 ° Nous renvoyons notre spi avant Fairway.



12h : Sous les falaises, avant les Needles, le vent est irrégulier, les claques nombreuses. 14/16 noeuds d’Est sud-est. CC 210 ° Nous renvoyons notre spi avant Fairway.

Le dernier des Class 40, parti en retard, nous double de près.Un IMOCA 60 pieds et un VOR suivis du 100 pieds Léopard et ses 18 équipiers au rappel nous doublent sans coup férir.








13h30 : Cap compas 225°. Reaching sous génois à 80/90° du vent. 14 nœuds d’ Est Sud Est.









Le vent variable et à tendance à adonner et à mollir. Notre cap est un peu inconstant du fait que nous ne disposons d’aucune carte et la navigation se limite à un smartphone… Notre route est donc un peu erratique dans la flotte.


15h : Cap compas 210°. Envoi du spi asymétrique à 110/120° du vent avec 12/13 noeuds.







La vie est belle, il est rare de courir en Manche en short et en chemise… La flotte s’étire, les voiliers deviennent difficilement identifiables.

16h : Cap compas 215°.Peeling et envoi du spi symétrique à 130/140° du vent.Nous nous situons plutôt au vent de la flotte.





Sur le rail descendant, nous apercevons, au loin, en tout un porte-container et un pétrolier… Trois remorqueurs de la Navy aussi. Où sont passés les cargos ?

17h : Cap compas 215°.Toujours sous spi symétrique à 130/140° du vent.
De curieux nuages ballonnés nous surplombent. Quelques grosses gouttes nous rappellent la situation météo instable. Mais j’ai oublié le livre de Joe Klipfel, plaisancier malouin des années 50 : « Prévoir le temps par les dictons marins »… Dommage.




19 h : La renverse approche, le courant faiblit à 2.5 noeuds. En vue d’Aurigny dans le sud, nous apercevons les Casquets sous le vent. Cela me convient bien, je compte en effet, sur la renverse pour nous avaler dans le Sud-ouest…  

Une partie de la flotte, sous le vent,  nous apparaît bien proche du D.S.T.interdit.  ( Dispositif de Séparation du Trafic). Au fait, à quoi est utile cette interdiction ? N’y a t-il pas autant de navires à passer dans les rails que dans ces fameux D.S.T. ?

21 h 45 : Nous passons à quelques encablures des Casquets avec une vitesse fond atteignant 11 noeuds. Toujours sous spi à 120/130° du vent dans un vent mollissant à 8/10 noeuds.





22h : Avec un vent tombé à 4/5 noeuds, notre spi n’en peut plus et reste gonflé trop rarement à notre gré. L’heure est donc venue d’essayer le nouveau spi léger North. Il n’a guère eu le temps de se gonfler mais le peu qu’il ait fait est encourageant …




22 h 30 à 23 h 30 : L’heure est à la cuisine, purée pour tout le monde… En effet, nous sommes « empétolés », exactement comme les gribs le prévoyaient ! Le courant de 2 à 3 nœuds nous emmène sur la route, vers les Hanois.

Minuit : Comme la météo l’avait presque prévu, 10 nœuds d’ouest reviennent progressivement. En effet, nos prévisions donnaient plutôt du Ouest-nord-ouest… Nous envoyons le génois au reaching.

1 h : Le long des cailloux inhospitaliers de la côte ouest de Guernesey, nous apercevons nettement les lumières des cottages. La voie lactée est parfaitement visible, les étoiles nombreuses. Il est probable que nous aurions été « mieux » à 1 ou 2 milles plus dans l’ouest.

2 h : A l’approche des roches situées à l’ouest du phare des Hanois, nous apercevons des dizaines de feux devant nous et à notre vent.  Le phare brille à 1 mille dans l’est. Des feux de poupe sont proches. Mais de qui s’agit-il ?
Nous avons toujours 10 noeuds de vent au débridé.

2 h 20: Nous mettons trop de temps à envoyer le spi tardivement à 1 mille dans le sud des Hanois après avoir abattu de 50 ° au CC 150/160 à 140° du vent. Le courant nous emmène dans l’est avant qu’il ne devienne contraire au large des Minquiers.

Avec le vent qui monte à 18/20 noeuds et plus dans les surventes, la mer devient « compliquée » et le bateau difficile à barrer. Le spi décroche trop facilement et nécessite une attention de tous les instants.  Des équipiers au rappel nous manquent cruellement.

3 h 40 : Le phare de Corbière clignote, nous nous situons par le travers de Jersey. Il est difficile de « monter » à 130 ° du vent apparent à cause de trop fréquents départ au lof. Nous ne « faisons » pas la bouée Sud-ouest Minquiers, marque de parcours. Le vent est toujours  probablement de 18 / 20 nœuds d’Ouest. Difficile d’être précis du fait que nous ne disposons que de la donnée « vent apparent ».

Daniel et Christo se relaient à la barre depuis Guernesey.





A l’aube, nous identifions quelques voiliers proches. Un admiraler qui tient facilement son antique starcut, un grand ketch. Nous doublons de près « Yoalla » un Fauroux de 34 pieds qui surfe moins que nous. L’un des inusables Sigma 38 suit à 0.5 milles.

Finalement, le courant contraire portant au Nord-Ouest nous permet de passer la bouée Sud-ouest Minquiers.

J’apprendrais à l’arrivée que F-Y.Escoffier, en double sur son A35, a dû affaler le spi pour la passer. Le vent est toujours établi et, avec le vent qui s’oppose au courant, le bateau est régulièrement « balancé » par une mauvaise vague. Bien que concentré à la barre, il est difficile de ne pas partir au lof, même avec la grand-voile complètement débordée. De guerre lasse, nous choisissons de tomber sous la route.




Les approches de St Malo se précisent. A 0.5 mille de la bouée Vieux Banc Nord, nous affalons le spi et remontons la virer au largue.  Ce qui sera chose faite à 8 h 55 minutes 55 secondes.






Nous avons conscience d’être mal classé… Cela se confirmera.

Obtenir un bon classement est la somme de détails plus ou moins importants. Il est plus facile de perdre du temps que d’en gagner, les minutes perdues se cumulent et deviennent vite 1 heure de retard à l'arrivée.

Avec un voilier caréné il y a 1,5 mois (des algues vertes étaient visibles à la flottaison ), aucune carte, pas de positionnement correct, ni d’électronique précise, sans réelles options de navigations et à seulement 4 équipiers, il ne fallait pas rêver, les conditions n’étaient pas réunies pour régater sérieusement.

Ensuite, comme à l'habitude, c’est pliage des voiles, rangement, palabres avec les collègues, une heure de sommeil et une bavette à l’échalotte au Rad d’Aleth avant de repartir au près dans l’après-midi pour 100 milles vers Cherbourg.



 Un Cowes Dinard bien Tricolore !

21 juillet 2015

par Eric Basset

les 3 premiers du classement “Overall” avec NUTMEG SOLIDAIRE EN PELOTON le MC 34 de François Lognogné en grand vainqueur devant les deux Jpk 10.80, celui de Géry Trentesaux (COURRIER DU LÉON) et celui d’Eric Mordret et Arnaud Delamare (DREAM PEARLS) mené sur cette course par Christophe Bouffant, Gilles Louvigné et Christian Maby.


En IRC 2 les Français s’adjugent les quatre premières places avec le MC 34, suivi du Farr 30MOTIVÉ, du J 133 PINTIA (Gilles Fournier) et du J122 PEN AZEN (Daniel Collin). 

En IRC 3 on retrouve bien sûr en tête les deux Jpk 10.80, le podium étant complété par LET’S GO le Wasa 50 de Nils Boyer.

 En IRC 4 victoire britannique, il faut bien leur laisser quelque chose, mais brillante seconde place de MACAYA l’ILC 30 de Morgan Pinson. Comme trop souvent les concurrents Français brillaient par leur absence dans les grandes classes.


Ce fut un Cowes – Dinard très rapide. Les records scratch en multicoque et en monocoque sont tombés. À 22h00, alors qu’on dépassait à peine les Casquets, l’équipage de Léopard pouvait tranquillement s’installer en terrasse à Saint-Malo pour commander à dîner !


Une fois n’est pas coutume, pas de louvoyage, mais du spi ou du code zéro du début à la fin. Des conditions de rêve, un gentil médium d’Est avec un beau soleil pour rallier Guernesey, une petite zone de transition, puis la bascule à l’ouest avec un vent qui va monter assez vite pour s’établir autour de 23 / 25 nœuds avec des pointes jusqu’à 28 nœuds, nous offrant quelques jolis surfs et un trajet Guernesey / Saint-Malo en moins de 5 h pour un bon nombre de bateaux.

 Les amateurs de glissades ont été comblés ! Et en plus il ne faisait même pas froid !

Pour en revenir à la course elle-même, il semblerait que le choix stratégique se soit fait dès la sortie des Needles avec 2 écoles. L’une mené par Géry Trentesaux consistait à envoyer le spi de suite, quitte à plonger joyeusement sous la route en se positionnant résolument à l’ouest de la flotte afin de mieux profiter ensuite d’une adonnante annoncée en cours de journée, puis de la bascule à l’ouest. Il était suivi en cela par l’autre Jpk 10.80, le MC 34, le First 40.7 des Le Men entres autres. L’autre école, dont nous étions, privilégiait la route directe, donc à l’est de la flotte, afin d’arriver courant portant sur Guernesey à un moment où s’installerait vraisemblablement la zone de transition pétoleuse annoncée.

Manifestement les résultats ont donné raison aux tenants de l’ouest, ce qui est d’ailleurs un grand classique de Cowes – Dinard. Nul doute que les 2/3 heures de plus sous grand spi plutôt que sous code zéro en début de journée ont dû jouer un rôle.


En IRC 3 les Jpk 10.80 ont continué de dominer les débats comme ils le font depuis le début de la saison sur les courses du RORC. En IRC 2 le MC 34 a prouvé une fois de plus toute son efficacité , il termine premier en temps réel de la classe, alors qu’il avait l’un des plus petit, sinon le plus petit rating de la classe. Nous finissons second, la nuit de “surfs sauvages” avec le grand spi entre les Hanois et Buhara Ouest y est sans doute pour quelque chose… Dans ce type de conditions le Farr 30 est vraiment un bateau extraordinaire à condition d’arriver à le tenir debout ce qui n’est pas toujours facile …


Il a fallu se battre, mais quel plaisir ! Et heureusement que l’anémomètre à décidé de tomber en rade du côté des Hanois !


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 Classements du Championnat Manche en Équipages IRC-UNCL 2015 : IRC1, IRC2, IRC3,IRC4.


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 Classements du Championnat Manche en Double IRC-UNCL 2015

Éric Basset
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- Photo en introduction : Nutmeg Solidaire en Peloton - RORC/Paul Wyeth

- Vidéo : À bord de Botez Coat, le J109 d’Yves Dervieux - UNCL, Madeleine Sassy
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