mercredi 27 août 2014

Trois archipels: Scilly, Bréhat, Chausey


Trois archipels en une semaine sur ETACHON

 avec Cap Anglo et Pascal Hacault



Pour visionner les photos cliquez deux fois sur la première photo.





Granville / Salcombe  104 milles

16 et 17 août 2014 :
136 milles en 26 h au louvoyage
Départ de Granville à 0 h 30 . 
Arrivée à Salcombe à 12 h 30
Vent d'Ouest Nord ouest 4 fraîchissant Ouest 5 à 6


Pascal Hacault dit "le boulanger"

     






Salcombe 

18 août 2014

Départ de Salcombe  à 9 h 30 . 
Arrivée à Ste Mary à 6 h 00
Vent d'Ouest 5 mollissant Nord Ouest 3.




































Les iles SCILLY : Ste Mary

19 août 2014









Ste Agnès



















































Les iles SCILLY : TRESCO

20 juillet 2014








Entrée nord de Tresco



Bryher




























Les iles SCILLY : St Agnès

21 août 2014


























Archipel de Bréhat

22 août 2014


















Archipel de Chausey

24 août 2014

















Frédéric Legrand























































66,66,66,66...

Depuis Ulysse jusqu'à notre époque, les Iles Scilly (les Sorlingues des bretons) furent le théâtre de milliers de naufrages.Je vous propose une petite promenade dans l'histoire de ces lieux.Bonne escale dans cet archipel magique... 

Naufrages aux îles enchantées…Ulysse aux îles Scilly, que les bretons nomment « Sorlingues », pourquoi pas ?Certains affirment qu’Ulysse serait passé par ici au cours de l’Odyssée, un de ces grands voyages mythiques autant qu’improbables. Ce qui est sûr, toutefois, c’est que les Phéniciens y venaient déjà chercher de l’étain.

En ces temps lointains, l’archipel était surnommé « îles enchantées », sans doute au sens originel du terme, courants et brumes y rendant la navigation périlleuse.Depuis plus de 2000 ans, donc, ces parages furent fréquentés par les navires. Mais le secteur n’est pas toujours facile : la houle de l’Atlantique vient s’engouffrer dans la Manche et rencontre là des courants de marée souvent forts. La brume complique souvent l’estime d’une position et les cailloux sont prêts à sanctionner les erreurs de navigation.Les naufrages se sont donc succédés au fil des siècles, jonchant le fond de la mer d’épaves les plus diverses. 

Les auteurs locaux évoquent plus de mille naufrages au cours des deux derniers siècles. Même en tenant compte d’un accroissement récent du trafic, cela représente un certain nombre d’épaves si nous remontons sur 2000 ans !Naufrageurs, les Scilloniens ? Ce n’était même pas nécessaire : il suffisait d’attendre la manne marine !Ils étaient bien un peu contrebandiers, pour échapper aux taxes du roi d’Angleterre. Pour cela, ils utilisaient leurs « gigs », des bateaux rapides qui servaient aussi à sauver des vies. 

Une ordonnance royale avait limité le nombre de rameurs à 6, afin que leur moteur ne soit pas plus puissant que celui des garde-côtes royaux !Cela n’empêcha pas les îliens de soustraire à la barbe de ceux-ci la cargaison de thé du « FRIAR TUCK », en provenance de Canton, qui s’éventra le 2 décembre 1863.

Ces mêmes gigs disputent aujourd’hui des courses et donnent leur nom au « Gig Bar », annexe du « MERMAID », connu de tous les manchards, haut lieu des soirées à Hugh Town avec le « Wrecks Bar », dans le centre le la ville.Les courses de gigs sont chaudement disputées, notamment par des équipages féminins à la musculature de déménageurs ! Après les épreuves, ces demoiselles se retrouvent… au Mermaid et font le plein de Lager, de Bitter ou de Guinness avant de repartir dans la nuit vers leurs îles respectives.

Le « FRIAR TUCK » transportait également une cargaison d’oies de Chine vivantes qui échappèrent au naufrage et furent à l’origine de la population d’oies de l’île de TRESCO, petit paradis voisin de St MARY’S, avec plages désertes de sable blanc, forêts de rhododendrons, parc et jardins plantés d’une végétation exotique.

Cet archipel bénéficie en effet d’un micro climat du au Gulf Stream et la fortune d’un original du 19 è siècle, Sir Augustus Smith qui acheta TRESCO à la Couronne en 1848 fit le reste. Il dut s’engager à donner du travail aux habitants de l’île, ce qu’il fit en les transformant en jardiniers. Il ouvrit même une école, payante, où l’on enseignait l’anglais, les mathématiques et la navigation. Si la journée d’enseignement coûtait 20 pence, la journée d’absence était comptée à 25 : une manière originale de limiter l’absentéisme. 

L’île appartient toujours aux descendants d’A. Smith.Les arbres ne poussent pas naturellement sur ces îles ? Peu importe : les bordés et membrures des navires naufragés fourniront planches et bois de charpente, les grumes de bois exotiques serviront à fabriquer des meubles.

Une affiche ancienne, apposée près du bar du « MERMAID » (les pubs sont aussi des lieux où l’on se cultive !) annonce la vente aux enchères de la cargaison d’un navire naufragé, il y a près de deux siècles : des lingots de fer à des vêtements « détériorés par l’eau salée » : c’était une bonne source de revenus pour les sauveteurs récupérateurs.

Vous croyez peut être que la pollution de nos côtes par les pétroliers est un phénomène récent ? Erreur ! Le 12 décembre 1903, un pétrolier à voiles, un sept mâts, record des navires à voile et déjà le gigantisme, fit naufrage sur l’île d’ANNET. Il s’appelait « THOMAS W. LAWSON » et se rendait de Philadelphie à Londres, chargé de 6000 tonnes de pétrole brut.

Si beaucoup de naufragés périrent dans ces parages, un matelot italien eut plus de chance, un jour de juin 1871 lorsque son navire, le « PRIMOS », heurta les Seven Stones (qui ne font pas partie des îles Scilly) et coula en 12 minutes. Il se cramponna à la figure de proue, représentant une femme vêtue d’une longue robe et portant un diadème doré. Il fut le seul survivant. Encore un homme qui, comme le Faust de Goethe, fut sauvé par « l’éternel féminin » !

 La figure de proue salvatrice est exposée parmi des dizaines d’autres au musée du « VALHALLA », dans les jardins de TRESCO.C’est un étrange musée que le « VALHALLA », paradis des guerriers tués au combat chez les vikings, depuis qu’Augustus SMITH commença à rassembler des figures de proue vers 1840. Après un séjour plus ou moins long au fond de l’eau, elles ont été parfaitement restaurées, trop estimeront certains.

Beaucoup de représentations de femmes parmi ces œuvres d’art. Certaines somptueuses mais un peu massives : »SIRICA » coulé en 1888, « PRIMOS » en 1871, « RIVER LUNE » le 21 juillet 1879, la même nuit que « MAIPU ». 

Des têtes, telle celle qui provient du quatre-mâts barque « FALKLAND », coulé le 21 juin 1901. Quelques jolies femmes : une inconnue rousse vêtue d’une robe bleue, qui tient une rose sur son cœur, ou bien « JANE OWEN » (coulé le 3 mars 1889), jeune femme brune aux épaules dénudées dont une rose rouge orne le décolleté. 




Le « buste d’une puritaine » qui, elle aussi, tient une rose à la main, est également d’une grande finesse d’exécution. Les hommes ne sont pas oubliés, qu’il s’agisse du buste en redingote du « ROSEVILLE » (1844), ou du matelot barbu coiffé d’un béret à pompon rouge du « CHIEFTAIN » (1855).

Le « POLINARIUS », charge de rhum, qui coula le 27 décembre 1848, nous a légué un marin en pied, brandissant un sabre d’abordage. Si 17 hommes d’équipage furent perdus, une partie du rhum fut récupéré et le punch n’a probablement pas manqué dans les chaumières pour la Saint Sylvestre !

D’autres figures plus curieuses complètent la collection, tel ce soldat montant à l’assaut, le fusil en avant (« VOLUNTEER »), ce turc barbu et enturbanné (« BOSPHORUS »), ou un gladiateur d’origine inconnue. Quelques animaux sont également représentés : saumon ou aigle et une figure de poupe provient d’un navire français du 17 è siècle, de la Compagnie des Indes Occidentales.

Le plus grand désastre eut lieu le 22 octobre 1707, lorsque arriva dans ces parages la flotte commandée par Sir CLOUDESLEY SHOVELL, composée d’une vingtaine de navires, qui revenaient d’assiéger et bombarder TOULON. Seulement la veille, il avait été possible de faire la première observation depuis pas mal de jours et les fonds remontaient. 

L’Amiral rassembla les commandants de son escadre afin de préciser l’estime. Tous pensaient que l’on était beaucoup plus proche des côtes françaises, à l’exception du commandant du « LENOX » qui estimait être juste au sud des SCILLYS, mais il avait le tort d’être le seul à le penser. L’Amiral se rallia donc à l’avis de la majorité (belle démonstration des limites d’un système démocratique !) et envoya en avant trois navires, donc le « LENOX », vers FALMOUTH, afin d’annoncer l’arrivée de l’escadre. Les conditions météorologiques se dégradèrent rapidement et les 3 navires s’engagèrent dans l’archipel. 

Deux d’entre eux réussirent à jeter l’ancre et le « LENOX », seul, réussit à s’en sortir et rejoindre le port.Le reste de l’escadre suivit la même route et les épaves s’égrenèrent sur les rochers et les plages. Seuls quelques navires réussirent à s’en sortir sans trop de dommages.Deux mille hommes y perdirent la vie, dont l’Amiral. Son corps fut retrouvé sur une plage et il manquait l’un de ses anneaux d’oreille serti de diamants. 

L’anneau encore présent fut rendu à sa famille et le mystère dura quelques années. Finalement, une habitante de l’île, sur le point de mourir, confessa quelques années plus tard à son curé qu’elle avait tué l’Amiral jeté vivant à la côte afin de s’emparer des fameux anneaux. En fait, elle n’en prit qu’un et n’osa tenter de le vendre, de crainte d’avoir à rendre des comptes à la justice, fort expéditive en ce temps là ! Le curé fit ensuite remettre le second anneau à la famille. 

Moralité pour ces dames : toujours enlever ses boucles d’oreilles avant d’aller aux Scillys ! En 1970, des plongeurs remontèrent des canons du « H.M.S. ASSOCIATION » qui faisait partie de cette malheureuse escadre.Depuis plus d’un siècle, tous les naufrages sont fixés pour la postérité par les GIBSON, de PENZANCE. 

Comme plusieurs générations de BEKEN se sont consacrées à la gloire photographique de la voile de plaisance et de course dans le Solent, plusieurs générations de GIBSON ont couvert l’évènement lors de chaque naufrage.

Vous pouvez ainsi voir, comme si vous y étiez,de magnifiques trois-mâts, voiles déchirées claquant dans la tempête, battus et démantelés par la mer au milieu de nuages d’embruns, mais aussi des navires plus récents, tels qu’un sous-marin ou le « TORREY CANYON ».Des séries de photos nous montrent le travail destructeur des lames, les sauveteurs à l’ouvrage, mais aussi les récupérateurs (ce sont souvent les mêmes), les naufragés sauvés, mais aussi les corps dans la paille des charrettes et les alignements de cercueils dans les fosses communes.

Que cela ne vous décourage pas d’aller aux îles SCILLY, à la voile à partir des côtes françaises, directement ou en cabotant le long de la côte de Cornouaille aux multiples estuaires tous plus beaux les uns que les autres. Plus prosaïquement, on peut emprunter le « SCILLONIAN » ou un hélicoptère au départ de PENZANCE.Le dépaysement est garanti, sans qu’il soit nécessaire de quitter les rivages de la Manche, les paysages et la lumière magnifiques.

Source Ecumeur sur Hisse et Oh




jeudi 14 août 2014

TOUR DU FINISTERE 2014 : La belle saison de Karibario






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Avec trois voiliers dans les cinq premiers, le Yacht-Club de Granville s’est une nouvelle fois distingué lors du Tour du Finistère.Le départ de cette course à étape a été donné le 6 juillet à Roscoff et comportait des escales à Camaret et Douarnenez pour se terminer à Port La Forêt.

Après avoir remporté le trophée des I.U.T.à St Malo, le Trophée Tresco à Morlaix, le Tour des Ports ainsi que plusieurs régates organisées par le Yacht-Club de Granville ; comme en 2013, « Karibario Künkel Palette » a obtenu une seconde place au Tour du Finistère.Cette seconde place a d’autant plus de valeur qu’elle a été obtenue dans un groupe d’un excellent niveau. 

En effet, à la veille de la dernière étape, pas moins de cinq voiliers étaient quasiment à égalité au classement général.C’est en remportant la course de nuit passant par le Raz de Sein et à travers l’archipel des Glénans avec 27 secondes d’avance seulement que Karibario s’est détaché de ses autres concurrents.



1 « Matamouf de Recoucou » proto de La Trinité2 « Karibario Künkel Palette » Sun Odyssée 40 de Granville à J.legallet3 « Charrette III » Sun Odyssée 40  de La Rochelle à F.Bourderau4  « Sponsor Wanted » First Class 10 de Granville à J.Desvaux 5  « Les Rapetoux » First Class 10 de Granville à JL Pronier








EQUIPAGE :

Barre et stratégie : Jan Legallet

Tactique et navigation : Daniel Bonnefoy

Embraque et réglages: Maxime Cheron et Michel lelaidier

Piano et pliage du spi : Jacques Chaignon 

Grand-voile : Ivan Poisson

N°2 :  Baba et Nikolaz Rouault

N°1 : Abdel El Amrani







« Seule la victoire est jolie » dit-on, mais il est des seconde places qui valent des victoires… 

Il n’y a pas à rougir de terminer second derrière 

 « Matamouf of Recoucou », 

vainqueur cinq fois consécutivement 

lors des six derniers Spi Ouest France et, 

dès la deuxième année,  dominer notre quasi homologue « Charrette III » 

qui avait gagné tous les Tourduf précédents.





















Matamouf of Recoucou



"RAKI" Armagnac de 1967

























10 juillet 2014

Douarnenez  / Port La Forêt  ( Bouée de Rosmeur – La Vieille – Cap Caval -  la Jument- La Jaune des Glénans – La Rouge des Glénans - Linuen) Vent de ouest à nord-ouest de 12 à 22 nœuds mollissant 12 /15 nds

A la veille de cette dernière étape, pas moins de sept voiliers sont dans un mouchoir au classement général : Le Sunshine 36, les deux Sun Odyssée 40 « Charrette III » et »Karibario », le Dehler 33, le proto JPK « Matamouf of Recoucou », le Dufour 334 avec les First Class 10 « Sponsor Wanted «  et « Les Rapetoux » en embuscade.


Malgré un vent faible de 6 nœuds de nord-ouest au départ, après avoir pris un bon départ nous sommes bien placés à la bouée de dégagement derrière « Matamouf of Recoucou », « les Rapetoux », le Dehler 33 « Lanmeur » et « Sponsor Wanted. 


Sous spi au vent arrière, nous nous faisons doubler par « Charrette III » . Nous enroulons la bouée de Rosmeur, devant le port de pêche de Douarnenez dans la « pétôle » en s’engageant à l’intérieur du Dehler 33. 


Le vent revient d’ouest et c’est sous une pluie battante et un vent  fraichissant que nous partons au reaching puis au près vitesse, sous le vent de toute la flotte que nous apercevons à notre vent, le long de la côte.



Le vent ne « bascule pas à gauche » ainsi que nos prévisions météo nous le laissait espérer et, progressivement, nous venons au près serré vers la Basse du Lys. Le Sun Odyssée 40 « Charrette III », « Matamouf », les First Class 10 « Sponsor Wanted «  et « Les Rapetoux » nous devancent avant que nous n’envoyions le spi devant la baie des Trépassés…


Dès le passage de la Plate, le beau temps revient et le vent mollit en passant au nord-ouest. Nous restons tribord amure dans la veine de courant en restant proche de la route directe vers Penmarc‘h.


« Charrette III » semble inexorablement s’éloigner, loin derrière dans l’ouest, nous apercevons le spi du Dehler 33, qui prend une option qui nous semble bien risquée. Le Sunshine 36 à plus d’un mille et demi sur l’arrière est sur la route directe.  Le JPK « Matamouf » est sur notre avant bâbord et « va bien ».


Deux heures plus tard,  alors que la renverse des courants est en train de s’établir, nous observons « Matamouf » accélérer dans le contre-courant qui rase le Menhir. Toujours loin devant, il nous semble curieux que « Charrette »  passe à environ 2 milles au large avant d’empanner sur la route directe vers la Jument des Glénans. 


D’ailleurs, à hauteur de Cap Caval, il nous semble que nous avons réduit notre écart avec lui et rattrapons le First Class 10 « Les Rapetoux » dont la grand-voile est insuffisamment choquée. 


Au coucher de soleil, en approchant de la Jument, ils ont retrouvé un réglage correct et, malgré leur petit spi,  nous ont repris environ 300 mètres. 


A la Jument, nous avons 8 mn de retard sur « Matamouf » a augmenté son avance qui semble s’être rapproché de « Charrette » 14 mn devant nous.


Derrière nous, il est devenu difficile d’identifier nos adversaires tant les écarts sont devenus importants. Le Sunshine 36 est très loin, Jérôme et son Class 10 est à 2 mn. Quand au Dehler 33 et son jeune équipage de Plougasnou, même avec des jumelles, il est devenu difficilement identifiable.


La nuit tombe et le vent se maintien au nord-ouest autour de 10 nœuds. Détail intéressant, pour une fois, le navigateur que je suis établi  une corrélation entre les prévisions météorologiques de Navimail et la réalité en ce qui concerne les oscillations de vent ; avec, toutefois, environ une heure de décalage. 


En route vers la Jaune des Glénans à 110°du vent. Nous marchons bon train à plus de 8 nœuds, avec 7 équipiers au rappel. Le seul point délicat consiste à éviter une roche découvrante située exactement sur la route : Laënnou. Nous apprendrons par la suite que « Matamouf », qui nous précède, la percutera de plein fouet, sans dégât.


Judicieusement, un pointage intermédiaire est effectué par le comité de course à la bouée. Chacun des concurrents doit se signaler à l’approche de cette « porte ». Nous avons la désagréable surprise d’entendre à la VHF  que « Charrette III » nous précède de plus de 15 minutes. « Matamouf » le suit de près aussi.  Seuls,  « les Rapetoux « et leurs quelques minutes d’avance semblent encore à notre portée.  « Sponsor Wanted » s’est bien rapproché aussi. 


Nous le devinons dans la nuit, après la Jaune, virer comme nous, tribord amure, alors que les voiliers qui nous précèdent  semblent rester dans le chenal entre les Pourceaux et Penfret. 


Avec 9.5 milles de louvoyage contre le courant, je prévois de tirer des bords assez courts en exploitant les oscillations de vent tout en restant à l’abri du courant contraire le plus fort même s’il reste modeste. Le vent est assez régulier, toujours de nord-ouest entre 12 et 15 nœuds ; on sent toutefois des « appels » à droite vers le Nord.En approchant de Penfret, nous croisons devant « les Rapetoux ». 


C’est alors que je choisis cette fois de « tirer à droite » en direction de la tourelle de Leuriou   sur le plateau des Grands Pourceaux afin de se rapprocher d’un nuage sombre que nous devinons dans le Nord et aussi, afin de bénéficier de la bascule de vent prévue par Navimail dans l’heure qui vient , en tenant compte du décalage que j’avais noté.


Malheureusement, pour se rendre au point qui me parait souhaitable, il est indispensable de passer sur le plateau de cailloux des Grands Pourceaux avec des roches touchables à cette heure. Evidemment, je veille en permanence devant Maxsea, allant même jusqu’à demander au barreur d’abattre de quelques degrés temporairement. A une heure du matin, c’est un peu stressant…


Nous rentrons progressivement dans le refus lié au nuage et  je décide de virer tribord amure, à environ 30 ° de la « lay-line » vers la Rouge des Glénans. Régulièrement, le vent adonne, nous nous « frisons ». 

La courbe de notre trace sur l’ordinateur est bien régulière et persistante. Je commence à rêver de « tomber « à moins d’un mille de la bouée. Peu après, j’indique au n°1, qu’il n’aura guère plus de 5 minutes pour préparer son spi bâbord amure avant la bouée.


Mais, à moins d’un mille de la Jaune, le vent continue à adonner. Nous apercevons d’ailleurs« Charrette III» puis « Matamouf » envoyer leurs  spis. Finalement, nous virerons à moins de 100 m sous le vent de la bouée en ayant bénéficié d’une adonnante de 30° !


« On ne lâche rien » est le mot d’ordre pour la dizaine de milles qui reste en direction de Beg Meil sous spi pour terminer au reaching.

A 2 h 40, nous entendons « Charrette » se signaler à l’arrivée par VHF, puis « Matamouf ». Ils ne sont pas loin, la victoire est toujours jouable. Nous passons la ligne à Linuen à 2 h 47 du matin. Soit à environ 7 mn derrière « Charrette », ce qui, en temps compensé, nous met dans un mouchoir.« Les Rapetoux « sont loin derrière et ont même été doublé par Jérôme sur « Sponsor Wanted » !


Sur les pontons, Fr. Bourderau, skipper de « Charrette » est moins causant qu’à l’habitude ; il m’indique n’avoir pas noté son heure d’arrivée…Cela m’apparait étonnant.

 Les calculs de Jan, nous laissent penser que nous le devançons de peu. Effectivement, ce sera de 27 secondes après 13 heures de course, mais, le vainqueur sera « le proto « JPK « Matamouf of Recoucou » qui nous bat de deux minutes et emporte le classement général.


Pour nous, même si, « seule la victoire est jolie », c’est une deuxième place qui vaut bien des victoires quand l’on sait que ce « Matamouf of Recoucou » a gagné cinq des six derniers Spi Ouest France !


Je vous entends déjà penser : «  Et bien, il ne manque pas d’air le navigateur, à croire qu’il était seul à bord. » Vous avez raison et c’est un choix rédactionnel.


Effectivement, le navigateur est seul quand il s’agit d’effectuer des choix déterminants. C’est souvent « cela passe ou cela casse ». « C’est passé » dans cette dernière étape comme dans de nombreuses autres.



5 août 2014

Roscoff / L’Aber Wrach


 Vent de SW 8 nds tournant W NW en fraichissant 13 nœuds.


10 h 50  Départ sous spi jusqu’à la bouée Astan où nous passons 6 ième. Au nord de Batz, le génois ne peut être déroulé à cause d’un bras de spi passé sous la sangle d’enrouleur. Nous restons au près durant 10 mn sous GV et voyons tous les voiliers nous passer. Nous repartons dernier et, le courant étant contraire, allons louvoyer dans les cailloux. Progressivement, nous recollons au groupe de tête :   Rapetoux, Charrette, Matamouf et le Dehler 33.


Nous décadrons légèrement Lizen Ven du fait d’un bug sur Maxsea. Sous spi, plein vent arrière, après Libenter, en remontant le chenal vers l’Aber Wrach, nous restons bord à bord avec Matamouf et sauvons les meubles en finissant 5 ième en compensé comme en temps réel.




1 Sunshine,

2 Dehler 33,

3 Matamouf,

4 Charette,

5 Karibario,

6 Les Rapetoux,

 7 Sponsor Wanted.



5 août 2014


Camaret / L’Aber Wrach Camaret 

 Vent de sud-ouest de 15 nœuds. Beau temps

Dans le chenal, c’est un départ à l’angaise au bon plein. Le Class 10 : Les rapetoux, nous sort en lofant et en nous empêchant de franchir la ligne en infraction avec la règle .  Nous sommes contraints d’effectuer un 360 ° et partons finalement 11 ième position. 

 Nous allons virer Basse Paupian puis  nous continuons à terre,  au louvoyage vers les cailloux. Charrette III, à droite, a un souci d’amure de génois. Le Class 10 Les Rapetoux sont légèrement devant nous puis, comme Charrette, ils choisissent d’aller à droite vers le large. 


Nous sommes un peu seuls dans les cailloux de Corn Carhai, avec les deux halfs : Domino Pizza et Alphonse. Notre navigateur est convaincu que cela sera meilleur en restant dans le chenal Méridional de Portsall puis en piquant au sud jusqu’au Linioux.Effectivement, 1 h plus tard, en allant contrôler nos adversaire dans l’ouest , nous croisons environ 100 m devant Les Rapetoux et 500 m devant Charrette. Nous sommes revenus dans le match !


Du coté de la Vinotière que nous laissons dans l’est, vent contre courant, le clapot est formé et notre route fond excellente. Charrette double les Rapetoux  avant La Vandrée grâce à une navigation judicieuse dans le sud de Béniguet.


Le bord sous spi vers Swansea Vale puis le bord de reaching vers l’arrivée sont sans surprise et nous gagnons en temps réel  1ier devant Charrette à 48 s ainsi qu’en temps compensé.


1 Karibario
2 Charrette III
3 Sunshine 36
4 Dehler 33
5 First Class 10 Les Rapetoux
6 Matamouf
7 First Class 10 Sponsor Wanted

6 août 2014

Camaret / Douarnenez  Vent de sud-ouest de 8/10 nœuds. Temps couvert


Après un bon départ, nous passons la bouée de dégagement derrière les Rapetoux. Et allons virer Swansea Vale au reaching. Dans le louvoyage qui suit avec 10 à 12 nds de vent, nous prenons la tête. 


Après le Pohen, en direction des Tas de Pois, le vent mollit et refuse. Nous souffrons avec moins de 8/10 nds de vent et Les Rapetoux, Charrette et Matamouf croisent devant vous puis s’échappent inexorablement. A l’approche de la pointe du Van, et de la Jaune du Raz que nous devons virer, le vent devient « compliqué ». 

Contrairement aux Rapetoux et à Charette qui nous précèdent et partent à droite, nous persévérons tribord amure pour essayer de se rapprocher de la veine de contre-courant qui doit s’établir à la cote. Nous bataillons avec le X 332 et le Class 10 Sp.Wanted.

Avec une certaine chance, nous cadrons la bouée grâce à une adonnante de 20 ° qui est un refus pour nos adversaires ! Grâce à cela, nous envoyons le spi vent arrière en 4 ième position. Mais sur la panne dans un vent évanescent, le bord de spi est pénible. Judicieusement, le comité de course effectue un pointage officiel à la Basse Vieille.


1 Matamouf
2 Les Rapetoux
3 Charrette
4 Sunshine 36
5 Dehler 33
6 Karibario

Après 3 manches, nous sommes 5ième au classement général.

7 août 2014

Douarnenez  / Parcours techniques

Vent de nord-ouest de 8 nœuds fraichissant à 12.Lors de la première banane, nous prenons un bon départ en privilégiant la droite. Sur le bord suivant, le Dufour 334 nous « sort » et sommes contraints de contreborder pour nous dégager, ce qui nous coutera une trentaine de seconde et deux places à l’arrivée. 

Après 1 h 10 de course, le Sunshine 36 gagne suivi de Matamouf, Charrette, le Dehler 33 et Karibario, puis les Class 10 Sponsor Wanted et les Rapetoux


Lors du deuxième parcours, nous effectuons une régate parfaite, comme cela arrive rarement. Bon départ, du bon coté, beau cadrage, du vent frais, excellentes manœuvres. Résultat, après une heure de régate,  nous avons trois minutes d’avance sur le second, Matamouf.


1 Karibario
2 Matamouf
3 Dufour 334
4 Dehler 33
5 First Class 10 Sp.Wanted
6 First Class 10
7 Charrette III